Par Milina Kouaci
Editée par le Centre national pédagogique et linguistique pour l’enseignement en tamazight (CNPLET), la revue Timsal lance un appel à la publication d’articles scientifiques sur la problématique des langues maternelles et premières. Il s’agit pour les contributeurs au prochain numéro de la revue d’apporter leurs contributions analytiques et de recherche sur la place de ces langues dans les sociétés où elles sont en jeu, ainsi que sur la manière dont elles sont prises en charge ou non par l’appareil et le cursus scolaires dans le cadre de la facilitation d’accès aux langues de l’enseignement.
La thématique générale retenue cette fois par le CNPLET dans le cadre de sa revue est «l’acquisition du langage avant l’école et sa contribution à la réussite scolaire : le cas de l’Algérie». «Le but est d’aborder une des questions scientifiques les plus pertinentes et, idéologiquement, les plus controversées de nos jours en Algérie et qui concerne l’émergence du langage, son développement dans le temps, ainsi que les facteurs qui favorisent son développement ou son inhibition, afin d’apprécier, d’un point de vue scientifique, les implications d’une politique éducative qui intégrerait l’enseignement précoce en langues maternelles», lit-on dans la présentation précédent l’appel à contributions.
Une langue maternelle est considérée de première importance pour l’enfant, puisqu’elle lui donne les fondations psycho et sociolinguistiques de sa personnalité et guidera son développement cognitif, y lit-on encore. Ainsi, c’est à travers une approche pluridisciplinaire que le CNPLET veut aborder la place et le rôle des langues maternelles dans la société et dans l’école et la manière dont il faudra en tirer profit, en tant que savoirs linguistique et de connaissance, dans le développement des acquisitions futures de l’élève. Il sera question de donner plus de lumière sur des concepts comme la continuité langagière, la langue de l’école, la langue nationale, la langue étrangère, le plurilinguisme, dans un contexte diversifié.
En Algérie, l’enseignement des langues a toujours enflammé le débat et voit à chaque fois la ruée des courants islamo-conservateurs qui ont, rappelle-t-on, accusé à tort l’ancienne ministre de l’Education nationale Noria Benghabrit de vouloir s’attaquer à la langue arabe et d’être en collusion avec la France et l’Occident, notamment lorsqu’elle a évoqué les recommandations de l’Unesco portant sur l’importance d’enseignement avec les langues premières dans les écoles.
Aux yeux des linguistes et des sociolinguistes et autres spécialistes du domaine, la prise en compte des langues maternelles dans le système éducatif est cruciale, estimant que leur enseignement au côté des autres langues secondes ou étrangères est un facteur de réussite notamment dans le cycle primaire. C’est une garantie pour que le tout jeune élève qui pratique tamazight ou l’arabe dialectal chez lui dans le milieu familial ne soit pas en situation de rupture ou d’insécurité linguistique, nous explique le professeur et responsable du CNLEPT Abderrazak Dourari. n
(Lire entretien en pages 6-7)