Ils n’avaient pas bonne mine, la dizaine d’automobilistes qui se sont fait poser, dimanche matin, par des policiers du service de la voie publique, tout au long de la rue de la Jeunesse, en plein centre-ville de Ghardaïa, des sabots sur leur roue avant gauche, les contraignant à l’immobilisation jusqu’à paiement d’une contravention pour stationnement interdit.

Il faut préciser que dans cette rue, perpendiculaire à la rue des Ecoles, située derrière l’école Ben Badis, donnant vers le haut sur la cité « des 15 villas » et sur le boulevard du 1er-Novembre, il y a une agence bancaire du CPA, puis, à ses côtés, l’importante agence commerciale de la Sonelgaz, plusieurs cabinets médicaux, une pharmacie et, au bout, deux directions de wilaya, en l’occurrence celles de la Santé et de la DPAT. C’est dire, l’important afflux de citoyens vers cet endroit, en ce premier jour de la semaine.
Forcément, des automobilistes profitent du moindre espace pour garer leurs véhicules sans pour autant se soucier des plaques alertant sur l’interdiction sur un côté de cette longue rue. Il faut dire aussi que l’habitude étant une seconde nature, les automobilistes s’étaient habitués à la nonchalance des policiers qui ne faisaient que les réprimander verbalement sans aucune contravention. Se retrouver, du jour au lendemain face à l’implacable rigueur de la réglementation et devoir ainsi débourser 2 000 DA d’amende et attendre « patiemment » le retour de l’équipe de policiers pour ôter le sabot ne sont pas au goût de tout le monde, et c’est le moins que l’on puisse dire. « Quand même, ils auraient pu être plus cools et plus compréhensifs par rapport à l’absence de parking et même de lieux de stationnement suffisants, surtout en ce début de semaine, où tous ceux qui ont été verbalisés étaient soit à la banque, à la Sonelgaz ou chez l’un des médecins », déplore un contrevenant, son amende à la main. Un autre prend la chose par la dérision : « C’est le service recouvrement de la police qui est dans ses œuvres. Vous pouvez même constater de visu la subite intense activité de ce service aujourd’hui à travers les rues de Ghardaïa.
Il faut bien qu’ils assurent leurs salaires. » Effectivement, à travers, plusieurs quartiers de la commune de Ghardaïa, nous avons remarqué, de loin, grâce à leur couleur jaunâtre fluorescente, plusieurs véhicules dont l’une des roues avant était « ceinte » par un sabot de Denver, qui doit son nom à cette ville du Colorado aux USA, renommée pour son industrie aéronautique et notamment son géant Boeing. « Nous ne sommes pas contre la réglementation, mais encore faut-il régler le problème de parking au centre-ville avant de passer à l’application stricte de la loi », fait remarquer un avocat bien connu sur la place de Ghardaïa. Il ajoute : « Le parc automobile a quadruplé en moins de 5 ans, alors que les espaces de stationnement, ont, au contraire rétréci comme peau de chagrin, avec toutes les administrations qui ont accaparé, légalement bien entendu, des portions de trottoir, grignotant ainsi une bonne partie de l’espace de stationnement qui était insuffisant.
Et ce, sans parler de cette nouvelle mode qui est en train de s’installer subrepticement, avec des commerçants, qui avec des échelles, des motos, des bancs, des chaises, ou carrément avec des chaînes, refusent aux automobilistes de stationner devant leur magasin, alors que c’est un espace public.
C’est un problème qui incombe aux pouvoirs publics de régler rapidement, en dégageant des solutions de stationnement aux centaines de véhicules qui entrent au cœur de Ghardaïa chaque jour ouvrable. »
O. Y.