Le dossier de la révision des statuts particuliers est revenu sur le devant de la scène, notamment à l’issue du dernier Conseil des ministres où le président de la République Abdelmadjid Tebboune a donné des orientations au Gouvernement pour préparer des statuts particuliers sectoriels afin d’éviter les contraintes rencontrées dans la gestion des secteurs,
régis par la loi relative à la Fonction publique.

Par Sihem Bounabi
Dans le secteur de la santé, la révision des statuts particuliers est au cœur de la mobilisation des syndicats depuis une semaine, suite à l’annonce du ministre de la Santé de la révision de six statuts déjà transmis à la Fonction publique et quatre autres qui étaient en cours de finalisation.
Cette annonce, par communiqué public, avait suscité l’indignation parmi la majorité des syndicats de la santé publique dénonçant une forme de mépris vis-à-vis des partenaires sociaux pour ne pas avoir été associés à cette nouvelle monture.
A ce sujet, Salah Laouar Abdelhamid, coordinateur de la Coalition nationale des syndicats de la santé (CNSS), regroupant huit syndicats des différents corps de santé publique, et aussi président du Syndicat national des médecins généralistes de santé publique (SNMGSP), a déclaré, hier, à ce sujet que, « sincèrement on estime que le ministère de la Santé a fait dans la précipitation pour dire que nous appliquons les instructions du président de la Républiques concernant la révision des statuts ». Il explique toutefois que ce qui est révoltant pour les syndicats « c’est qu’on ne sait pas quelle est la monture qui a été envoyée à la Fonction publique », précisant qu’« en principe, toute révision doit être négociée et validée par les différents partenaires sociaux dans un esprit de dialogue et de concertation, mais l’amer constat est que cela a été fait sans aucune concertation». Il précise qu’« il fallait aussi que la monture finale soit validée par tous les syndicats pour qu’ensuite la copie soit envoyée à la Fonction publique, ce qui n’a pas été respecté ».
Dr Salah Laouar Abdelhamid rappelle que lors de la rencontre avec le ministre de la Santé, au mois de décembre dernier, ce dernier avait demandé un mois de délai à la coalition pour donner des réponses et des actions concrètes concernant les revendications des syndicats, avec revalorisation substantielle du point indiciaire et l’accélération de la révision des statuts particuliers des différents corps de la santé des régimes indemnitaires y afférents. Il ajoute : « Nous avons relancé par écrit le ministre de la Santé à la mi-février à travers une correspondance lui demandant audience et de respecter ses engagements, mais jusqu’à présent nous n’avons pas eu de réponses. » Enchaînant que « nous avons été surpris par le communiqué officiel du ministère de la Santé d’autant que la majorité des points qu’il a évoqués, n’ont pas été réglés en réalité à ce jour».
Il rappelle à ce sujet que concernant la révision du statut particulier, la coalition avait réclamé le changement de la commission centrale qui n’a pas réellement de prérogatives. « Le ministre était d’accord sur le principe du changement de cette commission afin qu’elle soit chapeautée par des cadres du ministère de la Santé qui a un pouvoir de décision et avec lequel on pourra négocier.»
Notre interlocuteur explique que dès le début, les syndicats avaient souligné qu’« on ne pouvait pas faire la révision d’un statut sans notes de cadrage, sans régime indemnitaire et sans négocier la révision du point indiciaire », insistant sur le fait que « notre position est très claire sur le sujet ».
Le représentant des syndicats de la santé met également en exergue que « la révision des statuts particuliers est liée à la renégociation des régimes indemnitaires », expliquant que « plus d’un tiers des salaires d’un médecin est fait à base du régime indemnitaire. Si on ne le renégocie pas dans la révision des statuts, c’est comme si on n’a rien fait ».
De même pour la révision du point indiciaire, se désolant que l’augmentation annoncée est loin de répondre aux attentes des professionnels de la santé. Il déclare que « cette augmentation est une véritable déception pour les professionnels de la santé, compte tenu de l’érosion du pouvoir d’achat, de l’inflation non maîtrisée et de la cherté de la vie qui aggravent et fragilisent encore plus les conditions sociales des travailleurs du secteur de la santé ». Insistant encore une fois qu’« il y a un véritable fossé entre l’augmentation du coût de la vie et l’augmentation du point indiciaire qui est très faible, c’est vraiment une grande déception».
Dans ce contexte de « déception », le sentiment de révolte gagne de plus en en plus de terrain et de plus en plus de voix s’élèvent pour resserrer les rangs et mobiliser les syndicats pour de nouvelles actions de protestation, notamment avec la mobilisation des membres de la CNSS dont le Syndicat national des praticiens spécialistes de la santé publique (SNPSSP), le Syndicat national des médecins généralistes de santé publique (SNMGSP), le Syndicat national des professeurs de l’enseignement paramédical (SNPEP), le Syndicat autonome des biologistes de la santé publique (SABSP), le Syndicat des infirmiers algériens (SIA), le Syndicat autonome des auxiliaires médicaux en anesthésie et réanimation de santé publique (SNAAMARSP), le Syndicat autonome des sages-femmes algériennes de santé publique (SNASFASP), le Syndicat national algérien des psychologues (Snapsy). n