Par Sihem Bounabi
Les syndicats de la Santé ont réagi favorablement à l’annonce de la préparation du projet de loi-cadre relatif à «l’exercice de l’action syndicale dans différents secteurs, lequel régira les droits et obligations et défendra les intérêts des fonctionnaires et travailleurs loin des tractations partisanes et politiciennes» sur instruction du Président de la République lors du dernier Conseil des ministres.
Dr Mohamed Yousfi, président du Syndicat national des praticiens spécialistes de la santé publique (SNPSSP), tient à rappeler qu’il y a près de deux années, le ministère du Travail avait envoyé aux syndicats un projet de loi pour réviser la loi syndicale 90/14 et les syndicats avaient remis leurs propositions. Celles-ci concernaient le respect du droit syndical, du droit de grève et de l’organisation syndicale, dont la constitution de fédération et de confédération.
Il souligne à ce sujet que «le projet de loi qui nous avait été proposé était globalement un bon projet d’autant plus que nos remarques et propositions ont été prises en compte par le ministère du Travail». Le président du SNPSSP ajoute que «ce que nous attendons c’est de voir si nos propositions ont été retenues à la suite du Conseil des ministres. Nous attendons donc que le texte arrive au niveau de l’Assemblée populaire nationale pour voir les détails de ce texte de loi. C’est clair qu’au niveau de l’APN, on sera associé à travers la commission qui s’occupe de ce dossier pour discuter du projet retenu par le Conseil des ministres». Dr Mohamed Yousfi souligne également qu’il faudrait que ce projet de la loi syndicale respecte les fondamentaux de la loi syndicale, parce que, jusqu’à présent, il y a toujours des problématiques d’application de la loi».
Il tient ainsi à mettre en exergue l’existence sur le terrain des entraves syndicales dans le secteur de la santé de la part des gestionnaires. «Soit de la part des responsables locaux, des directeurs d’hôpitaux ou des directeurs de la santé publique de wilaya, ou bien même au niveau de certaines directions centrales malgré les instructions du ministère de la Santé pour instituer un dialogue régulier et le respect des partenaires sociaux.» Le président du SNPSSP affirme ainsi que «même si cette nouvelle loi répond à nos attentes, il faut que l’on veille à son application, c’est notre demande et notre souhait». Pour sa part, Dr Youcef Boudjelal, secrétaire général du Syndicat algérien des biologistes de la santé publique (SABSP), estime que «c’est une bonne chose pour réguler l’activité syndicale et assainir le paysage syndical algérien. Mais il faudrait également instaurer un véritable dialogue avec les syndicats qui ont une véritable représentativité et sont actifs sur le terrain. Nous saluons la décision du Président de la République, mais on espère que ce sera accompagné sur le terrain par la concrétisation des revendications des syndicats et également mettre fin aux entraves syndicales». Concluant que «nous sommes certes pour le dialogue et nous l’encourageons, mais il faudrait que le résultat de ces dialogues soit suivi par des décisions applicables et réalisables sur le terrain».