PAR MILINA KOUACI
La tension monte d’un cran chez les acteurs sociaux de l’Education nationale. Neuf syndicats du personnel administratif, réunis le 10 janvier dernier à Blida, ont dénoncé leur exclusion du programme des rencontres bilatérales entre le partenaire social et la commission technique chargée de la révision du statut particulier et mettent en garde contre d’éventuelles tentatives d’imposer un nouveau statut particulier préparé « unilatéralement ».
Des syndicats dénoncent le blocage dans le secteur ainsi que la situation socioprofessionnelle que vivent les travailleurs. Un malaise qui se traduit sur le terrain par des actions de protestation ou des intentions de grève. Neuf syndicats du personnel administratif, comme celui des directeurs des écoles des cycles primaire, moyen et secondaire, des censeurs, des conseillers et des superviseurs et des laborantins ont, dans un communiqué rendu public, exprimé leur « colère et leur consternation » envers l’organisation et la programmation des rencontres bilatérales avec le ministre et la commission technique chargée de la révision du statut particulier des travailleurs. Près de trois mois après le lancement des rencontres bilatérales, le 25 octobre, « aucun des syndicats du personnel administratif n’a été reçu par la tutelle », dénonce Farouk Kettar, président du Syndicat national autonome des censeurs de l’éducation (Snacel). « Le ministère a relégué au second plan les représentants du personnel administratif », regrette M. Ketta, qui indique que la séance de travail du Snacel avec la tutelle devait avoir lieu le 25 novembre dernier. « Mais, près de deux mois plus tard, la réunion n’a pas eu lieu », poursuit notre interlocuteur.
Les neuf syndicats redoutent, en effet, que ces rencontres bilatérales, décidées afin de corriger les « dysfonctionnements et injustices » décriés dans l’actuel statut, soient un « revers » pour le personnel administratif. « Nous avons formulé nos propositions par écrit à la tutelle. Nous lui demandons de nous recevoir dans les meilleurs délais », exige le syndicaliste qui met en garde contre d’éventuelles tentatives « d’imposer » un statut particulier élaboré de manière « unilatérale ». Dans le cas où le statu quo persiste, l’Intersyndicale compte passer à l’action.
Les neuf syndicats comptent convoquer des conseils nationaux pour prendre des décisions sur les actions à entreprendre. L’Intersyndicale décidera par la suite, selon M. Kettar, si elle observe une action de grève commune ou boycottera les activités administratives et les examens du deuxième trimestre. Elle exige par ailleurs de ne pas toucher aux acquis de la loi 90/14 liée à l’exercice syndical et appelle en parallèle à la promotion des libertés syndicales.
Il y a lieu de préciser que le ministre de l’Education nationale Abdelhakim Belabed a reçu, hier au siège de son département, le Syndicat des inspecteurs de l’Education nationale (SIEN), et ce, dans le cadre des rencontres bilatérales avec le partenaire social. Il a, à cette occasion, fait savoir que les rencontres vont se poursuivre afin d’écouter les préoccupations et prendre l’avis du partenaire social. Il a rappelé que le ministère a pris des mesures pour l’amélioration du vécu de la famille éducative, à l’image de la révision du point indiciaire, la réduction de l’IRG sur les salaires, la révision du statut particulier.
Le personnel appelé à se faire vacciner
Par ailleurs, la recrudescence des cas de contamination à la Covid-19 inquiète la famille éducative. Les censeurs de l’Education nationale, en contact direct avec les élèves et les enseignants, plaident pour l’instauration du pass sanitaire dans le milieu scolaire.
« Les censeurs sont l’une des catégories les plus exposées au risque de contamination du fait de leur contact direct avec les élèves et les enseignants », dit Farouk Kettar, qui qualifie le taux de vaccination dans le secteur de « faible ». Ce dernier appelle le personnel du secteur à se faire vacciner afin de réduire la propagation de l’épidémie parmi la communauté éducative. Il appelle à ce propos à l’instauration du pass sanitaire et d’en faire une condition pour pouvoir « rejoindre son poste ».
Pour sa part, le ministre de l’Education nationale a appelé, hier, le personnel à se faire vacciner pour atteindre un « taux acceptable » et une « immunité collective ». Actuellement, 33% des personnels du secteur de l’Education se sont fait vacciner depuis le lancement des campagnes de vaccination contre la Covid-19 à travers les établissements éducatifs du territoire national. Le secteur compte à ce jour, selon le premier responsable, 264 518 travailleurs vaccinés sur plus de 800 000, dont 510 000 enseignants, a fait savoir le même responsable.
Ce nombre, selon M. Belabed, reste « insuffisant » compte tenu de la « gravité et de la vitesse » de transmission du virus. Pourtant, a-t-il ajouté, mercredi dernier, le ministère s’est efforcé de se rapprocher le plus possible des personnels à travers les unités de dépistage, la médecine du travail, les centres de la sécurité sociale et les équipes médicales qui se rendent sur leur lieu de travail, afin de faciliter la vaccination.