Après plusieurs années d’attente, la révision des statuts particuliers des professionnels de la santé semble enfin connaître des avancées, notamment depuis la reprise du dialogue avec les syndicats qui saluent la démarche consensuelle du ministre de la Santé qui s’est engagé à prendre en charge leurs revendications.

Par Sihem Bounabi
En effet, le ministre de la Santé, Abdelhak Saihi, a annoncé, avant-hier en marge d’une visite d’inspection à des établissements de santé à Boumerdès, que la révision du statut particulier des personnels de la santé est «actuellement à son stade final».
Le ministre de la Santé a aussi souligné que «les revendications des personnels et des syndicats du secteur ont été débattues dans un cadre de concertation, de manière à permettre la prise en charge de l’ensemble des préoccupations des personnels du secteur de la santé».
Il a estimé que la feuille de route élaborée en s’appuyant sur le dialogue avec les syndicats et les personnels de la santé «est le cadre idéal pour la prise en charge de toutes les revendications des employés du secteur, quel que soit leur grade»
Il est à noter que dès son installation, le ministre de la Santé avait placé la reprise du dialogue avec les syndicats et les partenaires sociaux, comme l’un des sept axes prioritaires pour remettre sur les rails le secteur de la santé publique avec l’objectif d’assurer une meilleure prise en charge des malades et l’amélioration des conditions socio-professionnelles.
Cette volonté de dialogue consensuel s’est notamment exprimée par l’implication des syndicats de la santé dans l’élaboration de la nouvelle mouture du statut particulier et l’écoute de leurs propositions quant aux amendements nécessaires ainsi que les réponses à apporter à certaines réserves de la Fonction publique.
Abdelhak Saihi a dans cet esprit accordé des audiences à plusieurs syndicats où il s’est engagé à défendre auprès des secteurs concernés dont principalement la Fonction publique leurs revendications.
Ainsi après le Syndicat national des enseignant-chercheurs hospitalo-universitaires (Snechu), le Syndicat national des pharmaciens d’officine (Snapo) et la Fédération nationale des travailleurs de la santé (FNTS) affiliée à l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) et le Syndicat national des sages-femmes, cette semaine c’était au tour du Syndicat national des médecins généralistes de la santé publique (SNMG/SP) d’être reçu en audience par le ministre de la Santé.
A l’occasion de la rencontre avec le SNMG/SP, Abdelhak Saïhi s’est engagé à répondre à l’une des principales revendications des médecins généralistes, celle d’inscrire dans le statut particulier de ce corps de nouveaux grades et postes à l’instar de celui du médecin référent et de la spécialisation à l’exemple des médecins urgentiste. Il s’est également engagé à élargir le champ des compétences et à la reconnaissance statutaires des CES et des compétences acquises.
De même, le ministre a rassuré, lors de la rencontre avec le syndicat national des sages-femmes, à l’élaboration de nomenclatures des missions pour faire connaître cette profession et le domaine d’intervention de la sage-femme.
Lors de la rencontre avec le Snechu, la prise en charge de la question de la révision du statut des hospitalo-universitaires a également été abordée afin d’améliorer les rétributions et l’organisation du travail ainsi que la nécessité de revoir le régime indemnitaire.
Toutefois, certains statuts restent toujours en débat, à l’instar de celui du Syndicat national des praticiens spécialistes de la santé publique (SNPSSP). Ces derniers attendent depuis plus de onze ans que le projet d’amendement du statut de ce corps, bien qu’il soit finalisé et approuvé par le ministère de la Santé et envoyé à la Fonction publique depuis 2011.
A maintes reprises et depuis des années, le SNPSSP ne cesse d’interpeller les hautes instances du pays et à leur tête le président de la République sur le fait que le statut particulier des praticiens spécialistes est «le statut particulier le plus injuste et le plus pénalisant de la Fonction publique eu égard des critères arrêtés par la Fonction publique en termes d’études universitaires et de compétences». Il est à noter que le ministre de la Santé s’est penché sur le cas des travailleurs de l’ombre, en l’occurrence les agents d’entretien du secteur qui, malgré leur rôle crucial dans le bon fonctionnement des établissements de santé, sont souvent marginalisés. Le ministre de la Santé avait ainsi annoncé en octobre dernier «le projet de création du statut particulier des agents d’entretien dans les hôpitaux» en regrettant que «les agents d’entretien, qui «veillent et assurent de bonnes conditions de travail au personnel de la santé, soient classés au bas de l’échelle et touchent des salaires dérisoires». Abdelhak Saïhi, a de ce fait affirmé que «ce personnel spécifique ne sera désormais plus assimilé au personnel exerçant dans les autres établissements et administrations».
Au final, il est à noter que les rencontres de concertation se poursuivront ces jours-ci afin de boucler dans les délais, soit à la fin de ce mois de novembre, la mouture finalisée des statuts particuliers des différents corps de la santé et la remettre à la Fonction publique.
Ceci afin de respecter l’engagement politique du président de la République de promulguer les nouveaux statuts particuliers répondant aux attentes des travailleurs de la santé qui doivent être publiés à la fin du mois de décembre prochain. <