Par Bouzid Chalabi
Il est admis que le mode opératoire pour passer d’une politique de subvention généralisée à celle ciblée, comme le prévoit le gouvernement, est une tâche des plus ardues si l’on veut éviter de tomber dans l’erreur. Un travail méticuleux, en quelque sorte, reposant essentiellement sur la base des données statistiques récentes et surtout fiables.
Dans ce contexte, c’est au ministère de la Numérisation et de la Statistique qu’échoue cette mission. Autrement dit, «il aura un rôle majeur dans la révision de la politique de soutien annoncée par le Président de la République Abdelmadjid Tebboune», a déclaré le Directeur général au ministère, Djamel Eddine Tir. Ce dernier, qui s’exprimait hier sur les ondes de la Chaîne I, a indiqué : «C’est au ministère de la Numérisation et de la Statistique de fournir les statistiques qui vont servir d’outils de travail au comité multisectoriel qui a été installé pour se pencher sur le dossier des subventions ciblées et non plus généralisées. Autrement dit, le comité aura à élaborer un mode opératoire des plus efficaces qui puisse profiter aux personnes à faible revenu et aux classes moyennes.»
Dans ce même sillage, M. Tir a rappelé les propos du Premier ministre, ministre des Finances Aïmen Abderrahmane tenus après l’approbation, par l’Assemblée populaire nationale, du Projet de loi de finances 2022, que «la révision de la politique de soutien social vise principalement à canaliser les énormes fonds alloués dans ce contexte à leurs véritables bénéficiaires, à savoir les gens des classes fragiles et à revenu moyen». Interpellé pour donner des éléments d’information sur le mode opératoire de la révision de la politique des subventions, l’invité de la radio s’est contenté de livrer quelques indices. Révélant entre autres «des stratégies statistiques nationales sont en cours de préparation pour permettre des plans plus précis, c’est-à-dire ne faisant l’objet d’aucun équivoque». A propos de la stratégie statistique nationale mise en place par le gouvernement, Djamel Tir a expliqué qu’elle va consolider les données statistiques en Algérie. «Ce qui va permettre aux programmes de développement de disposer de données récentes et fiables», a-t-il précisé. Abondant dans ce sens, «l’un des engagements du Chef de l’Etat dans son programme est de développer un réseau national pour collecter toutes les statistiques du niveau local au niveau central et inclure tous les secteurs, afin de préparer et de mettre en œuvre les programmes gouvernementaux et les plans de développement». Toujours concernant le Conseil national des statistiques, il a confié que «lors d’un Conseil des ministres, il a été décidé de le réactiver car c’est une force de proposition dotée de pouvoirs d’évaluation de la politique gouvernementale en matière de statistique et pour la mise en œuvre de tous les programmes de réalisation». Non sans évoquer dans ce même ordre d’idées : «Nous accusons un retard en matière de statique, ce qui a incité le ministère à y remédier dès lors où il est admis que les données statistiques sont importantes et contribuent à l’essor socio-économique du pays.» Revenant sur le ministère de la Numérisation et de la Statistique, il a rappelé qu’il a été créé il y a près d’un an et demi. Et de considérer cette initiative très louable et d’un grand intérêt». Révélant dans la foulée : «Il y a un retard dans ce domaine, ce qui a incité le ministère à travailler dur pour y remédier, car les données statistiques, quand elles reflètent la réalité du terrain, deviennent un moyen efficient à même de contribuer à l’élaboration de programmes de développement à l’abri de déconvenues.»
Dernier point abordé lors de l’émission, celui du prochain renseignement général de la population, prévu pour le mois de mai 2022. Et où il dira à ce sujet : «A l’issue de l’opération de recensement, nous disposerons de données suffisantes pour permettre au gouvernement d’élaborer des programmes de développement pour les collectivités locales par ordre de priorité.» De façon «à éviter les erreurs du passé en la matière», a conclu M. Tir. n