Par Feriel Nourine
Le dossier du transport aérien a de nouveau atterri sur la table du Conseil des ministres, dont une nouvelle réunion périodique s’est tenue dimanche et qui a vu Abdelmadjid Tebboune donner une série d’instructions en vue de faire sortir cette branche de sa léthargie et lui permettre, enfin, l’envol qui tarde à se réaliser.
Dans cet objectif, le président de la République a donné des orientations pour la révision du mode de gestion d’Air Algérie, indique un communiqué de la Présidence de la République, soulignant que cette révision signifie mise en place d’un plan moderne qui puisse hisser le pavillon national aux standards internationaux en matière de navigation aérienne et de transport de voyageurs.
Le chef de l’Etat a également instruit de «dynamiser» la navigation aérienne à travers les différents aéroports du pays qui sont des structures stratégiques susceptibles de relancer le trafic aérien, ajoute le communiqué. Les responsables concernés sont aussi appelés à préparer le parachèvement de l’opération d’acquisition des avions dans le cadre du renouvellement de la flotte aérienne algérienne, fait savoir encore la même source, précisant que cette mission doit être exécutée dans les plus brefs délais, le prochain Conseil des ministres devant trancher le dossier.
Concernant le programme des vols assurés par Air Algérie, M. Tebboune a insisté pour le retour à la période d’avant la pandémie de Covid-19, tout en intensifiant les vols de la Omra et ceux à caractère touristique entre Paris et Djanet.
Sur ce dernier point, la compagnie nationale a annoncé, début novembre, avoir signé une convention avec l’opérateur international Point Afrique, pour la mise en place d’une ligne touristique directe reliant Paris (France) à Djanet (Algérie).
La convention a été signée en partenariat avec l’Office national du tourisme et du voyage (Onat). Le premier vol reliant directement la capitale française à la ville du sud algérien aura lieu le 17 décembre prochain, a indiqué la même source.
Retour à l’avant Covid-19
Ainsi donc, la révision de la gestion d’Air d’Algérie demeure l’un des objectifs que se sont tracés les plus hauts responsables du pays, et à leur tête le président de la République. D’ailleurs, ce n’est pas la première fois que ce dernier donne des orientations dans cette direction en commandant une restructuration de la compagnie qui doit assumer son statut d’entité économique en faisant preuve de rentabilité et de stabilité financière, intégrée dans la stratégie nationale visant à remédier aux lacunes dans le secteur du transport aérien. Pour ce faire, Air Algérie va bénéficier d’un projet de restructuration qui sera présenté au Gouvernement, a déjà fait savoir le ministre des Transports, Kamel Beldjoud.
Restructuration signifie développement dont le plan tracé porte sur l’ouverture de nouvelles filiales spécialisées dans la maintenance et la sous-traitance, outre les filiales actuelles de la compagnie, en l’occurrence le fret, l’approvisionnement et le système de réservation, a expliqué M. Beldjoud, ajoutant qu’il sera procédé, en outre, à la création d’une filiale spécialisée dans le transport interne.
Concernant l’acquisition de nouveaux avions, elle est intimement liée à ce plan de restructuration, dans la mesure où cette opération, inscrite dans le cadre du renouvellement de la flotte aérienne algérienne, constitue l’un des axes décisifs pour la modernisation d’Air Algérie à laquelle a appelé M. Tebboune.
Dans cette logique de management, un avis d’appel d’offres a été lancé récemment pour l’achat de 15 nouveaux aéronefs, ainsi que l’affrètement de 7 avions. Il s’agit de renforcer les vols de la compagnie, notamment vers l’Afrique et l’Asie, et d’élargir son réseau à d’autres villes africaines notamment Addis-Abeba, Johannesburg, Libreville et Brazzaville. S’en est suivie l’opération d’ouverture des plis qui a eu lieu le 9 novembre en cours au siège de la compagnie en présence des constructeurs ayant soumis une offre et d’un huissier de justice. Une étape visiblement synonyme d’avancée dans ce dossier, et qui pousse le Président à demander que cette mission soit exécutée dans les plus brefs délais, avec programmation du dossier pour le prochain Conseil des ministres.
La relance du transport aérien passe, par ailleurs, par des aéroports qui répondent à cet objectif, donc aptes à participer effectivement au développement du trafic. Ce qui n’est sans doute pas le cas pour la grande majorité de ces structures dans notre pays où les prestations sont loin de répondre aux normes requises. Ce qui incite le président de la République à donner des orientations pour revoir le mode de gestion qui y prévaut.
Une gestion qui a généré même des scandales au niveau des enceintes aéroportuaires du pays, alors que du côté des pouvoirs publics, on ne cesse de répéter que tous les moyens ont été mis pour des prestations de qualité au profit des voyageurs.
«L’Etat a réalisé des structures à grande portée dans les aéroports, à travers tout le territoire national en les dotant de toutes les commodités nécessaires», a affirmé, il y a quelques jours, M. Beldjoud, en marge de la cérémonie d’installation du nouveau PDG de la Société de gestion des services et infrastructures aéroportuaires d’Alger (SGSIA), Mohamed Salah Kaouach. A cette occasion, le ministre du secteur n’a pas hésité à pointer la gestion des structures.
«Le problème réside dans la gestion», a-t-il soutenu, insistant sur «la nécessité pour tous les intervenants au niveau de l’aéroport d’assurer au citoyen toutes les prestations nécessaires et de gérer avec professionnalisme cette structure en coordination avec les différents intervenants, la direction de la SGSIA, les services de sécurité et des Douanes et autres services».
Dans le cas précis de l’aéroport d’Alger, l’objectif est de le «hisser parmi les meilleurs aéroports
au monde notamment dans le cadre de la vision futuriste visant à
en faire un hub aéroportuaire entre les pays africains et d’autres pays», a promis le premier responsable du secteur. <