La révision exceptionnelle des listes électorales a débuté hier. L’opération a été lancée officiellement par le chef de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), en perspective de la consultation référendaire prévue le 1er novembre prochain.

Mohamed Charfi, qui en a donné le coup d’envoi du chef-lieu de la wilaya de Boumerdès, a expliqué que la révision des listes électorales intervient à la suite de la convocation, le 15 septembre 2020, du corps électoral par le président de la République, M. Tebboune, en vertu de la loi organique du 25 août 2016, relative au régime électoral.
Comme nous l’avons indiqué dans nos précédentes éditions, et selon l’article 14 de ladite loi organique, la révision des listes durera huit jours et se poursuivra donc jusqu’au 27 septembre. A cette occasion, le chef de l’ANIE a indiqué que l’autorité électorale qu’il préside s’est lancée depuis hier dans une «campagne de sensibilisation» pour inciter les Algériens à aller voter, pointant ainsi le grand enjeu du rendez-vous du 1er novembre 2020, le taux de participation.
Selon M. Charfi, qui s’est exprimé pour l’APS, qu’importe l’opinion des uns et des autres, l’essentiel est de se rendre aux urnes, a-t-il dit dans sa déclaration, dimanche 19 septembre. «Notre travail consiste à sensibiliser le citoyen quant à l’impératif d’exercer son droit au vote, selon le principe de la démocratie participative, sans pour autant s’immiscer, d’une façon ou d’une autre, dans son choix», a-t-il dit précisément.
L’ANIE sera donc de la partie en ce qui concerne le programme du gouvernement pour inciter le votant potentiel à s’exprimer sur la révision de la Loi fondamentale voulue par le chef de l’Etat et dont la mouture a été validée par le Parlement, l’APN en date du jeudi 10 septembre, puis le Conseil de la nation (Sénat) le samedi 12 septembre.
A ce sujet, le ministère de la Communication a décidé d’initier à partir du 16 septembre un «large débat» sur les enjeux de la révision constitutionnelle, donnant un nouvel aspect de la valeur qu’accorde l’Exécutif, le président de la République en particulier, au référendum.
Une consultation qui a, pour lui, la valeur d’un véritable test populaire de la même importance que celui du 12 décembre 2019, voire davantage, l’élection présidentielle s’étant déroulée dans un contexte de forte tension et de défection d’une large partie de l’électorat. Pour certaines formations politiques, en particulier celles qui pour des raisons de poids et d’audience ont un intérêt à s’accrocher au train présidentiel, ce sera aussi une opportunité de se positionner en prévision des reconfigurations possibles qui auront lieu dans le champ politique une fois réglée la question de la révision constitutionnelle. Après le 1er novembre, et avant même les élections législatives et communales qui devraient être organisées, une nouvelle majorité formelle peut émerger. C’est en tout cas ce que semble souhaiter les partis qui déclarent d’ores et déjà leur adhésion au projet de révision de la Constitution. Après les formations qui ont voté en faveur de cette révision à l’APN, notamment celles ayant figuré dans l’ancienne majorité du président déchu, le mouvement El Islah a ainsi fait savoir qu’il a décidé de voter «oui» à ce changement dans la Loi fondamentale. Pour sa part, le président du Parti Voix du peuple(PVP), une petite formation, Lamine Osmani a appelé samedi 19 septembre, depuis Constantine, à participer «massivement» au vote du 1er novembre. Le président de l’Union des paysans et membre du bureau politique du FLN, Mohamed Alioui, a, lui aussi, lancé un appel, samedi à partir de Chlef, pour une participation massive des citoyens au référendum.