Le projet de révision constitutionnelle a passé, hier, avec succès le test parlementaire suite à l’adoption par la chambre haute de l’institution législative du texte de la future loi fondamentale, présentée à cette occasion par le Premier ministre, Abdelaziz Djerad. Une séance d’approbation qui intervient deux jours après l’aval donné par les députés pour le contenu du même texte.

La partition parlementaire est désormais réglée et le cap est ainsi fixé sur la prochaine étape, c’est-à-dire le référendum populaire prévu le 1er novembre prochain, pour clore le processus de révision constitutionnelle élevé au rang de «priorité» par le président de la République.
«La révision constitutionnelle est soumise par référendum à l’approbation du peuple dans les cinquante (50) jours qui suivent son adoption» par le Parlement dans ces deux chambres, l’APN et le Sénat, stipule l’article 208 de la loi fondamentale en vigueur. Sur le plan pratique et technique, la Loi organique de 2016 relative au régime électorale explique dans son article 149 que les électeurs sont convoqués par décret présidentiel quarante-cinq (45) jours avant la date du référendum populaire. Autrement dit, le corps électoral pour le référendum du 1er novembre prochain devait être convoqué ces jours-ci, entre le 15 et 17 septembre en cours, pour rester en conformité avec la réglementation en vigueur.
L’adoption du texte par les sénateurs marque ainsi la dernière ligne droite du processus de révision constitutionnelle lancé, faut-il le rappeler, depuis l’accession de M. Tebboune à la magistrature suprême, mais dont l’évolution a dû être freinée par l’apparition et la propagation de la Covid-19 qui a chamboulé tous les agendas. Cette situation d’urgence sanitaire, qui plane toujours malgré une tendance à la baisse des cas de contaminations dans l’ensemble du pays, n’a pas permis, en effet, aux autorités de mener le projet à la cadence souhaitée. Après avoir rendu publique, la première mouture de la future loi fondamentale élaborée par le comité d’experts, menée par le constitutionnaliste Ahmed Laraba, au début du mois de mai dernier, la voie a été libérée pour recueillir les propositions de la classe politique, des acteurs associatifs, des organisations syndicales, des universitaires et des personnalités nationales.
Laissé dépendant de l’évolution de la situation sanitaire, le projet faisait du surplace, jusqu’à la date du 24 août, quand la présidence de la République fera part du choix du 1er novembre pour l’organisation du référendum populaire sur la révision constitutionnelle. «Le Président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a reçu ce jour M. Mohamed Charfi, président de l’Autorité nationale indépendante des élections, qui lui a présenté un exposé sur les préparatifs en cours pour l’organisation des échéances électorales programmées, à commencer par le référendum sur le projet de révision de la Constitution», avait précisé la Présidence.
«Au cours de cette rencontre et, à la lumière des consultations du président de la République avec les parties concernées, il a été décidé de fixer la date du 1er novembre 2020 pour la tenue du référendum sur le projet de révision de la Constitution», avait ajouté le communiqué. Depuis, les formations politiques ont fait part de leurs diverses appréciations sur la démarche privilégiée entre ceux qui approuvent le projet, ceux qui s’y opposent carrément et ceux qui émettent des réserves. Des sons de cloche qui marqueront certainement le champ politique et le contenu des médias jusqu’au rendez-vous du 1er novembre qui peut constituer vraisemblablement un moment à multiple significations et lectures politiques… n