Les forces politiques émargeant au sein du Pacte de l’alternative démocratique (PAD) ont déclaré, hier, leur opposition au projet d’amendement constitutionnel effectif, depuis l’installation du comité d’experts chargé de rédiger une mouture de la loi fondamentale à présenter au Président de la République dans un délai de deux mois.
Même les consultations engagées par le Président Tebboune avec les personnalités nationales et les partis politiques, en recevant pour le moment Ahmed Benbitour, Abdelaziz Rahabi, Mouloud Hamrouche, Soufiane Djilali de Jil Jadid et en rendant visite à Ahmed Taleb Ibrahimi ne sont pas du goût du PAD que composent le FFS, RCD, PT, PST, MDS, PLD, UCP et la LADDH. «Le pouvoir de fait, issu du coup de force du 12 décembre 2019, a installé une commission d’experts désignée pour préparer une énième «révision constitutionnelle» et entamer des «consultations» pour légitimer sa feuille de route», se sont indignés les membres du PAD, dans un communiqué rendu public hier. Cette décision «lourde de sens», estime le PAD, «s’inscrit en droite ligne des manœuvres visant à organiser le sauvetage du système, rejeté par l’immense majorité qui réclame son départ sans discontinuité depuis onze mois».
Réitérant leur attachement à «la mise en place d’un processus constituant souverain», les forces du Pacte de l’Alternative démocratique (PAD) rejettent ce qu’elles qualifient de «nouveau coup de force du système». Elles exigent, par conséquent, que «soit entendue la revendication légitime de souveraineté populaire, pleine et entière, exprimée avec force depuis 47 semaines par des millions d’Algériennes et d’Algériens». Les partis politiques formant le PAD et qui se sont opposés à la tenue de l’élection présidentielle, préférant un processus constituant, exigent aussi «la fin sans délai de toutes les pratiques antidémocratiques du régime, que cesse la répression, que soient libérés et réhabilités tous les détenus politiques et d’opinion, qu’il soit mis fin au dispositif répressif en place, que cesse le harcèlement judiciaire et que soit libéré le champ politique et médiatique». Pour ces partis, «le pouvoir constituant doit revenir au peuple qui l’exerce à travers les instruments démocratiques dont il se dotera souverainement», et réaffirment par la même occasion «leur engagement» au sein de la révolution pacifique, et réitérant leur «mobilisation» pour la réalisation de ses objectifs. Les forces du PAD marquent ainsi leur rejet de la démarche de Tebboune, qui s’est engagé dans des consultations «sur la situation globale du pays et la révision de la Constitution afin de l’adapter aux exigences de l’édification d’une République nouvelle, prenant en considération les revendications populaires urgentes».
«L’objectif de ces consultations reste l’édification d’une nouvelle République répondant aux aspirations du peuple et de procéder à une réforme globale de l’Etat à même de consacrer la démocratie dans le cadre d’un Etat de droit, préservant les droits et les libertés des citoyens, un objectif que M. Tebboune s’est engagé à réaliser lors de sa campagne électorale et réaffirmé dans son discours prononcé à la cérémonie de prestation de serment en tant que Président de la République», a relevé, lundi, la présidence en rendant compte de la rencontre Tebboune-Hamrouche. n