Evoluant à un rythme plutôt timide, à cause de la crise sanitaire et ses restrictions sur l’activité institutionnelle et l’action politique, le projet de la révision constitutionnelle va devoir s’installer davantage dans les débats publics dans les prochaines semaines.

Actuellement en phase de collecte des propositions de la classe politique, du mouvement associatif et des personnalités nationales, le projet ne saurait tarder à aborder l’étape de sa concrétisation, qui passera par la voie parlementaire avant la tenue d’un référendum populaire sur l’adoption de la future loi fondamentale. Autrement dit, le référendum est à nos portes. C’est du moins ce que suggère la déclaration, hier, du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, à l’ouverture de la réunion Gouvernement-walis dans laquelle il a invité les premiers magistrats locaux à se préparer à l’étape du référendum sur le contenu de ce futur texte. «Je vous invite, dès maintenant, à vous préparer à l’étape du référendum sur la révision de la Constitution, afin de garantir les meilleures conditions et moyens matériels et psychologiques à même de permettre au citoyen d’avoir son mot à dire sur l’avenir de son pays», a-t-il dit.
Le premier magistrat du pays a tenu, par la même occasion, à remercier «tous ceux qui ont contribué à l’enrichissement de la mouture de l’avant-projet de révision de la Constitution parmi les personnalités nationales, les partis politiques, les syndicats, les associations civiles, les enseignants universitaires et autres». La présidence avait fait part, fin juillet, d’un total de 2 500 propositions formulées par des entités politiques, des organisations syndicales et des représentants de la société civile. M. Tebboune a défendu également la thèse selon laquelle point de changement qui ne passerait pas la révision de la loi fondamentale considérée comme le «socle de l’Etat». «Le changement revendiqué par le Hirak populaire est certes un changement pacifique, mais radical, qui passe par la Constitution, le socle de l’Etat», a-t-il dit. Ajoutant que «le changement ne doit pas s’opérer au sein des bureaux ou être l’apanage d’un certain groupe, mais doit émaner du peuple qui aura le dernier mot et toute la liberté de valider ou de refuser la mouture de l’avant-projet de révision constitutionnelle». M. Tebboune a souligné aussi qu’en cas de rejet du projet de révision, l’ancienne Constitution sera reconduite avec la détermination d’opérer le changement», critiquant, par la même occasion, les partisans d’une période de transition, ainsi que des voix de l’opposition. «Les partisans de la période de transition et les comploteurs d’autres rives ont tort puisque le train est déjà en marche et ne reviendra pas en arrière», a-t-il déclaré, mettant en exergue son ambition de parvenir à une «Constitution consensuelle».
Il a annoncé, dans cette perspective, qu’un «texte sera prochainement publié englobant les propositions de tous et chaque article inclura toutes les propositions, pour, à la fin, prendre en compte les propositions de la majorité». Une fois cette opération finalisée, l’amendement de la Constitution deviendra «un projet, mais actuellement, nous sommes toujours à la phase de la collecte des propositions», a-t-il expliqué, dans ce qui peut traduire le souci de ne pas se précipiter dans la concrétisation du projet.
«L’Algérie nouvelle a grand besoin d’adopter une nouvelle attitude où les actes et les paroles correspondent et où les bons comportements et le dévouement dans le travail se conjuguent. L’Algérie a grand besoin de bases solides sur lesquelles reposera la Constitution consensuelle dont l’esprit est inspiré de la Déclaration du 1er Novembre, une Constitution qui nous rassemblera et nourrira l’espoir en l’avenir», a soutenu le président Tebboune. «Nous sommes tous au service du peuple et nous croyons réellement à la réalisation de ses revendications légitimes exprimées le 22 février 2019», a-t-il souligné.
Il faut souligner que lors d’un entretien accordé à la chaîne de télévision France 24, le président avait évoqué la possibilité d’organiser le référendum sur la nouvelle Constitution au mois de septembre ou octobre. n