Le chiffre définitif de l’effectif du corps électoral algérien sera déclaré officiellement au début du mois d’octobre prochain. Cette annonce que fera l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) interviendra après la révision exceptionnelle des listes électorales, qui s’est terminée dimanche dernier au bout d’une semaine de travail, ainsi qu’après l’examen des recours.

Cette opération a commencé hier à l’issue de la révision des listes et prendra cinq jours, ce qui devrait conduire l’autorité électorale à donner la composante définitive du corps électoral vers le 3 ou 4 octobre prochains au plus tard. D’ici là, le chef de l’autorité électorale a fait savoir récemment que le nombre d’électeurs algériens estimé actuellement est de 24.111.081.
Selon Mohamed Charfi, la révision des listes desquelles 33.280 anciennement enregistrés ont été radiés devrait aboutir à l’ajout de «500.000 à 600.000 nouveaux inscrits». Il a indiqué que 58.628 futurs votants potentiels se sont inscrits via la plateforme numérique – une «première» d’après le porte-parole de l’ANIE Ali Draa, qui a affirmé hier à la presse que l’opération s’est déroulée dans de «bonnes conditions» en Algérie et ailleurs pour les Algériens de l’étranger. L’effectif final du nombre d’électeurs immatriculés sera donc dévoilé probablement durant la semaine qui verra le lancement de la campagne en faveur de la consultation référendaire du 1er novembre 2020. En effet, le coup d’envoi est prévu pour le jeudi 8 octobre avec, pour enjeu d’horizon, une forte participation au référendum. C’est ce qu’a d’ailleurs avoué le chef de l’ANIE le 20 septembre dernier, au début de la semaine de révision exceptionnelle des listes électorales.
M. Charfi a déclaré à ce sujet que l’important est d’aller au vote au grand nombre même s’il s’agit de se prononcer contre le projet de révision de la Constitution. «L’essentiel est de participer massivement au référendum et la mission de l’ANIE est de mobiliser» l’électorat algérien pour ce rendez-vous «en respectant l’opinion de chacun», a-t-il dit alors qu’il se trouvait à Boumerdes. Pour ce faire, l’ANIE dispose en tout cas, en tant que maître d’œuvre dans la conduite des opérations électorales, de moyens conséquents et de délégués présents dans les 1541 communes du pays sans compter ses représentants dans les régions du monde où l’on dispose de représentations diplomatiques et consulaires et l’on compte un nombre important d’Algériens de la diaspora.
Outre ces moyens que lui confère son «rôle central» de préparation et d’organisation du référendum, le ministère de la Communication annonce assurer la «logistique requise» par l’ANIE en vue du «plein succès» de son action, en vertu du décret portant attribution du ministère de juin 2011 pour ce qui concerne la politique générale du gouvernement. Le département d’Ammar Belhimer doit également intervenir suivant les prérogatives notamment accordées à l’autorité électorale par la loi organique 19-07 du 14 septembre 2019 en matière de communication. Il le fera directement, mais également par l’Autorité de régulation de l’audiovisuel (ARAV) pour tout ce qui procède par exemple du temps d’antenne à accorder aux acteurs politiques et associatifs engagés pour le référendum au sein des médias notamment privés dont le rôle s’annonce d’ores et déjà capital en raison de l’audience indiscutable de certaines chaines de télévision.
Certains partis seront toutefois particulièrement observés sur le terrain et à leur manière de l’investir – en particulier pour les groupes partisans dont le crédit politique est devenu une question d’actualité nationale depuis que leurs sigles sont associés à la chronique judiciaire ou continuent de l’être pour des affaires de corruption à grande échelle. Les associations le seront pour d’autres raisons, notamment en fonction du pari que fait sur eux le chef de l’Etat qui a déclaré à plusieurs reprises compter sur la «société civile» dans l’animation du débat politique à venir. <