Avec l’adoption, avant-hier, en Conseil des ministres du projet de loi portant révision constitutionnelle et la mise en branle des structures et organes de l’Assemblée populaire nationale (APN) qui s’affaire à peaufiner la démarche par laquelle sera validé le texte d’ici à jeudi, c’est tout le projet qui aborde sa dernière ligne droite avant l’étape du référendum populaire prévu le 1er novembre prochain.

Côté procédure, le président de l’APN Slimane Chenine a tenu, dimanche après-midi, une réunion avec les chefs des groupes parlementaires, avec lesquels il a abordé «l’examen de la méthode et du cadre légal adoptés pour l’examen, le débat et le vote du projet de loi portant révision constitutionnelle», selon un communiqué de l’APN.
Cette Assemblée, éclaboussée par les révélations de l’ancien député Baha Eddine Tliba, sur le marchandage des listes électorales du FLN lors des législatives de mai 2017, ne servira pas, selon toute vraisemblance, de tribune politique pour des députés dont la légitimité est plus que jamais remise en cause. Les députés n’auront ainsi pas le privilège de la «joute oratoire» et le débat en plénière que leur offrait l’Hémicycle Zighout-Youcef puisque, au nom de l’urgence qui ne permettait pas l’intervention des membres de l’APN sur le texte élaboré par le comité Laraba, c’est le principe d’un «débat restreint» qui a été retenu.
Tout porte à croire que l’APN aura à valider, au plus tard jeudi, le texte de la future loi fondamentale qui suivra, par la suite, le cheminement identique au sein du Sénat, dont les membres seront probablement mobilisés au deuxième jour du week-end pour accélérer et approuver le passage du projet de révision par la voie parlementaire et annoncer, ensuite, la convocation du corps électoral au référendum.
Côté politique, le président Tebboune a soutenu, lors de la réunion du Conseil des ministres, que le projet de révision constitutionnelle s’inscrit en «droite ligne avec les exigences de l’édification de l’Etat moderne et répond aux revendications du Hirak populaire authentique béni».
Le Président de la République a fait part, par la même occasion, de son attachement à ce que la Constitution, dans sa nouvelle mouture, soit «la plus largement consensuelle tout au long de son élaboration, et ce, en permettant aux différentes franges de la société et aux faiseurs d’opinion publique d’en débattre durant plus de quatre mois, en dépit des entraves imposées par la crise sanitaire».
M. Tebboune a rappelé également que «les promesses électorales sont des engagements sincères dont j’ai entamé la mise en œuvre suivant une stratégie claire et un calendrier bien défini, lesquels nécessitent de notre part davantage de réalisme, loin de toute quête des détails et des formalités au détriment des questions fondamentales inhérentes aux fondements pérennes de l’Etat».
Hier, c’est le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, qui a fait part de l’effet attendu de la future Constitution, estimant qu’elle «insufflera une forte dynamique» au pays. «La révision constitutionnelle est une halte dans la vie politique de notre pays. Elle lui insufflera une forte dynamique à même de relancer l’économie et un système politique équilibré et inclusif grâce auquel les citoyens ressentiront que l’Algérie est le pays de tous les Algériens sans distinction ni exclusion», a-t-il assuré, à Blida où il a donné le coup d’envoi des épreuves du BEM.
Pour M. Djerad, «toutes les données comprises dans les articles de ce projet de révision constitutionnelle confirment que l’Algérie a rompu avec ces périodes de corruption, pour passer à de nouvelles étapes, une nouvelle Algérie, une nouvelle économie et un nouveau système politique».
La démarche de la révision constitutionnelle, après les signes d’adhésion de certaines formations politiques, a enregistré le rejet des partis regroupés au sein du Pacte pour l’alternative démocratique (PAD), qui a fait part de son attachement à «un processus constituant souverain à travers une transition démocratique indépendante».
«Le PAD considère que la démarche référendaire du 1 novembre 2020 ne peut en aucun cas constituer une solution durable à la gravissime crise politique que vit le pays», ajoutant qu’il «refuse de s’inscrire dans la double forfaiture d’un référendum sur une Constitution imposée, à fortiori le jour anniversaire du glorieux Premier Novembre», lit-on dans un communiqué rendu public à l’issue de dernière réunion tenue dimanche.