Le Mouvement de la société pour la paix (MSP) ne voit pas d’un mauvais œil l’ouverture du chantier de la révision constitutionnelle effective, depuis mardi dernier, avec l’installation d’un comité d’experts pour la rédaction de la mouture de la loi fondamentale à remettre dans un délai de deux mois au Président de la République.

Son président, Abderezak Makri, a fait part de la disponibilité du MSP à contribuer efficacement à cette révision en formulant des propositions sur l’amendement annoncé de la Constitution.
Le parti réclame, cependant, une « réforme réelle » qui traduirait une « volonté politique » de changement en phase avec ce qu’exprime la rue comme revendications depuis plus de dix mois. Il a soutenu dans ce sens que la révision de la Constitution « devra reposer sur trois facteurs clés déterminants et nécessaires pour aller vers un processus réel et effectif».
Il s’agit, selon le chef du parti islamiste, de la « définition de la nature du système politique, la révision de la loi électorale et la consécration du principe de la liberté de la presse». Pour Makri,« la nouvelle Constitution devra définir la nature du système politique s’il est parlementaire, présidentiel ou semi-présidentiel».
Le président du MSP n’a pas caché la grande importance qu’il accorde à la révision de la loi électorale, un thème sur lequel il s’est appuyé pour évoquer une autre échéance, celle des élections législatives à laquelle le parti semble réfléchir d’ores et déjà. Raison pour lui d’évoquer « l’impérative réhabilitation » de la majorité parlementaire de laquelle devait émaner la composante du gouvernement. « Il faut consacrer le principe de la règle de majorité en démocratie et que le gouvernement doit représenter la majorité des voix exprimées par le peuple lors du vote au scrutin législatif», a- t-il soutenu, dans ce qui allie un vœu d’une élection législative anticipée et une critique de la composante du gouvernement Djerad. « Pour donner sa véritable valeur aux élections législatives, le gouvernement doit être issu de la majorité parlementaire », a-t-il insisté en déclarant que « le gouvernement doit représenter la majorité plébiscitée par le peuple».
La disponibilité du parti islamiste à contribuer au processus de révision constitutionnelle est à inscrire dans l’adhésion affichée par Makri à accompagner le dialogue annoncé par le Président de la République.
« Notre devoir est de donner au Président une chance entière pour réussir et c’est ce que nous souhaitons sincèrement, parce que nous considérons que sa réussite est pour l’intérêt du pays et de tous les Algériens tant pour ceux qui ont participé aux élections que pour ceux qui ne l’ont pas fait, ceux qui ont voté pour lui et ceux qui ne l’ont pas fait », avait affirmé M. Makri.
Traçant le traitement que fait le parti quant à l’évolution de la situation politique du pays, depuis notamment la tenue de l’élection présidentielle, Makri dira que le MSP « accepte de participer au dialogue avec le gouvernement».
Il a relevé, par la même occasion, que le mouvement est « prêt à s’inscrire dans la logique du dialogue compte tenu des dernières évolutions de la scène politique nationale ».
Annonçant dans le sillage que le Mouvement « sera partie prenante du dialogue pour les réformes », il a fait état de l’activation au sein des commissions qui avaient déjà entamé l’élaboration de propositions pour un redéploiement sur la scène politique après avoir préféré boycotter l’élection présidentielle. Manifestement, les concertations lancées par le Président Tebboune et l’entame effective de la révision constitutionnelle et les consultations qui vont l’accompagner offrent au MSP l’opportunité de se redéployer sur le terrain après avoir été éclipsé par le scrutin présidentiel à l’issue duquel a émergé le Mouvement El Bina d’Abdelkader Bengrina, dissident du MSP.