Les députés de l’Assemblée populaire nationale (APN) se sont réservé le droit de répondre, en temps opportun, à l’annonce de l’élaboration d’une loi organique révisant le salaire des parlementaires.

En effet, les députés sollicités à propos de la révision à la baisse des salaires des parlementaires ont souhaité voir préalablement le contenu de cette loi organique avant de prendre position : «Ce n’est pas à un constitutionnaliste de décider de réduire les indemnités d’un député», a d’entrée lancé Nahet Youcef, député du Front de libération nationale (FLN) de Chlef, étonné par cette annonce, au motif qu’«il est possible que cette loi organique ne réduise pas ces indemnités et les laisse telles quelles».
«Une loi organique vient pour fixer les indemnités et les salaires des députés pas pour les réduire», a précisé le député. Avant d’estimer que «cette loi de toutes les façons viendra à l’Assemblée populaire nationale et sera soumise à l’examen des députés». « Il y a la possibilité que les futurs députés rejettent cette loi organique quand ils trouveront que leurs salaires ont été réduits», a-t-il estimé. Avant d’interroger : «Quelle sera alors l’attitude de ce constitutionnaliste qui a d’emblée annoncé une revue à la baisse du salaire des députés ?» «Il ne faut pas qu’un constitutionnaliste piétine les prérogatives des parlementaires qui sont les seuls habilités à s’exprimer sur cette loi», a-t-il plaidé. «Il vaut mieux au moins garder les indemnités des députés telles quelles au lieu de les diminuer». Quoi qu’il en soit, le député FLN de Chlef rejette l’idée qu’un député pourrait voter en faveur de la revue à la baisse de son salaire. «J’écarte l’éventualité qu’un député diminue son propre salaire, c’est une attitude dont je ne suis pas convaincu», a-t-il affirmé. Avant d’expliquer : « Je suis réaliste et je suis en contact avec les députés ; je sais comment ils réfléchissent. » Intervenant de son côté, Nasser Hamdadouche, député du Mouvement de la société pour la paix (MSP), a d’entrée estimé qu’«on ne peut pas pour l’heure s’exprimer sur une question pas encore officielle». Revendiquant « de voir la loi pour s’informer d’une manière plus poussée sur la question ».
«Nous ne pouvons nous exprimer avant de connaître les différents aspects de la loi », a-t-il indiqué, avant de noter que « du point de vue du principe, il est normal dans le cadre du contexte économique actuel qu’il y ait révision du salaire du député ». A ses yeux, cette réduction des indemnités du parlementaire ne devrait pas poser problème « aux députés convaincus de leur mission ».
« Ceux qui exercent des fonctions parlementaires sont ceux convaincus par la mission de représentation du député », a-t-il insisté. Nadia Chouitem, députée du Parti des travailleurs (PT), demandera, également, de voir le contenu de la loi avant de prendre position. Elle estimera toutefois que « les indemnités des députés doivent être indexés sur une norme bien définie, soit celle de la Fonction publique, soit celle du Smig ». Il s’agit aussi, selon elle, « de renforcer les prérogatives du député ».
« Dans le statut des députés, il faut renforcer les prérogatives des parlementaires pour leur permettre de jouer pleinement leur rôle de contrôle dans un cadre constitutionnel. Donner des facilités et des moyens aux députés pour exercer leur mission de représentation ainsi que la possibilité de constitution de commissions d’enquête », a-t-elle préconisé.N. B.