Par Khaled Remouche
C’est ce qui est prévu si le prix de l’or noir persiste sur une moyenne de 100 dollars le baril. En effet, chaque hausse de 1 dollar rapporte à l’Algérie 550 millions de dollars supplémentaires. Si les cours se maintiennent à leur niveau actuel, notre pays pourrait engranger 20 milliards de dollars supplémentaires durant l’année en cours.
La situation financière de l’Algérie est en train de nettement s’améliorer à la faveur d’une tendance haussière des prix du baril de pétrole qui se poursuit depuis plusieurs mois. A ce rythme, l’Algérie pourrait engranger plus de 25 milliards de dollars le premier semestre 2022. Plus précisément, les recettes tirées des exportations d’hydrocarbures atteindraient 55 milliards de dollars en 2022, estime une source spécialisée au fait de l’évolution du secteur des hydrocarbures.
L’Algérie avait réalisé, l’an dernier, 33 milliards de dollars au titre de ses exportations d’hydrocarbures. Ce qui veut dire que notre pays pourrait engranger 20 milliards de dollars supplémentaires. En effet, pour l’expert, une augmentation d’un dollar le baril procure à l’Algérie 550 millions de dollars supplémentaires. A condition que l’Algérie exporte les mêmes quantités de pétrole et gaz qu’en 2021. Il faut rappeler que la recette pétrolière se calcule ainsi : prix du baril de pétrole par le volume exporté. En ce sens, le chef de l’Etat vient d’indiquer que nos réserves de change sont en train de se stabiliser et s’établissent actuellement à 42 milliards de dollars, alors que le commerce extérieur réalise un excédent de 1,5 milliard de dollars. Ainsi, la balance des paiements est à l’équilibre ou réalise un léger excédent aujourd’hui. Cela en dépit d’une hausse des produits de base importés en raison de la crise sanitaire. Une situation exacerbée par le conflit russo-ukrainien. Selon le spécialiste, cette embellie financière pourrait durer deux à trois ans. Ce qui pose à nouveau le problème relatif à l’utilisation à bon escient de cet argent et éviter les dérives vécues par le passé.
En tout état de cause, cette manne financière supplémentaire est à la source des décisions prises par les hautes autorités pour améliorer le pouvoir d’achat avec l’institution d’une allocation chômage, la revalorisation des salaires des fonctionnaires et autres travailleurs (révision du point indiciaire, baisse de l’IRG, augmentation des pensions de retraite). L’autre retombée positive de cette embellie est une capacité intacte de l’Algérie de sécuriser ses approvisionnements en céréales, en matières premières destinées à la transformation pour mettre à la disposition des consommateurs du lait pasteurisé, de l’huile de table, de la margarine, de la farine et de la semoule en dépit d’une rareté et d’une flambée des prix des produits de base sur les marchés internationaux.
L’autre retombée positive est l’augmentation des dépôts de Sonatrach à la BEA, ce qui contribuera à une amélioration de la liquidité bancaire et, par ricochet, l’alimentation du Fonds de régulation des recettes donnant la latitude au gouvernement de couvrir le déficit de la Caisse nationale des retraites et celui de la Caisse nationale de sécurité sociale.
Cependant, cette embellie ne doit pas ou plus s’appuyer uniquement sur la rente pétrolière et la fluctuation des marchés. Il suffit, en effet, que les prix du pétrole dégringolent pour que les fragilités de l’économie nationale ressurgissent avec ce risque d’épuisement des réserves de change. D’où la nécessité de poursuivre les réformes économiques, dont les plus importantes ne sont pas à un stade très avancé. Cette embellie pétrolière constitue donc une opportunité pour tourner le dos à la mentalité rentière et à une situation où l’Algérie reste fondamentalement un pays mono exportateur. n