Par Hamid Bellagha
Le Conseil des ministres de ce dimanche a eu la particularité de jeter un œil au rétroviseur, question de voir ce qui a été accompli tout en vérifiant si les propositions des ministres et les orientations du Président de la République ne sont pas restées au stade de simples directives sans lendemain.
Pour cela, le Médiateur de la République a fait un exposé sur les recommandations présidentielles et l’état d’affermissement de plusieurs projets, comme la situation des investissements en suspens dans divers domaines, et ce, en application des instructions du Président de la République lors du conseil des ministres du 21 novembre 2021, en vue de d’accompagner et de traiter les idées au cas par cas.
En outre, beaucoup de secteurs ont retenu l’attention du gouvernement Benabderrahmane, surtout le secteur agricole qui pourrait être, selon les spécialistes, la clé qui ouvrirait tout grand les portes du développement et la fin des «importations du ventre». Bref, une autonomie complète dans le domaine alimentaire et une souveraineté indéniable des produits agricoles dérivés. Une sécurité alimentaire qui passe par la revalorisation, notamment, des céréales, le passage vers une indépendance économique réelle où l’importation des céréales de France, de Russie ou d’ailleurs ne serait plus qu’un lointain souvenir.
Cette revalorisation des céréales, et selon l’un des points essentiels au menu du Conseil des ministres, sera effective aux prochains labours-semailles. Le blé dur, le blé tendre, l’orge et l’avoine verront leur prix de vente à l’Etat augmenter très sérieusement, une décision qui encouragerait les agriculteurs à décupler d’efforts pour une meilleure efficience de leurs matériels et un meilleur rendement à l’hectare et, au portefeuille.
Il faut savoir que la récolte des céréales cette année a été l’une des plus mauvaises de ces dernières années, avec 13 millions de quintaux engrangés, alors que la moisson de l’an dernier était de 39 millions. Un retour en arrière qui ne s’explique pas uniquement par la sécheresse et trouve ses origines en des comportements endogènes au secteur.
Cette bouée salvatrice en direction des paysans ne saurait être efficace sans le concours des concernés eux-mêmes et de l’assainissement des CCLS par lesquelles plusieurs scandales ont entaché les coopératives agricoles dans le pesage, le stockage et la distribution du blé et autres céréales.
C’est dire qu’un simple Conseil des ministres ne dispose pas, à lui seul, d’une baguette magique qui résorberait les problèmes endogènes et exogènes qui se manifestent depuis des dizaines d’années