sur les bas revenus

La revalorisation des salaires de la fonction publique qui touchera 2,8 millions de fonctionnaires sera appliqué en mars prochain avec effet rétroactif à partir de janvier 2023, tandis que l’allocation chômage fixée à 15.000 dinars contre 13.000 dinars auparavant sera versée à la fin de ce mois janvier.

Par Khaled Remouche
L’Etat poursuivra en 2023 son effort de rattrapage des pertes de pouvoir d’achat résultant des effets de la chute des prix du baril de 2014, de la crise sanitaire et de l’inflation importée née de la Guerre Russie-Ukraine. Les grands bénéficiaires des augmentations de salaires, des pensions de retraite et de l’allocation chômage décidées pour ce début d’année sont, en premier lieu, les fonctionnaires, particulièrement les enseignants, les petites pensions et les jeunes chômeurs, notamment les diplômés de l’enseignement supérieur sans emploi. L’augmentation pour la fonction publique qui touchera 2,8 millions de fonctionnaires fixée entre 4500 et 8500 dinars par mois annuellement appliquée, selon les catégories, en 2023 et 2024 sera versée en mars prochain avec effet rétroactif à partir de janvier prochain, a indiqué le Directeur général du budget au ministère des Finances, Abdelaziz Fayed. L’augmentation des salaires des fonctionnaires est estimée entre 47 et 50% entre 2022 et 2024.Pour un fonctionnaire qui touche 45.000 dinars par mois, l’augmentation sera au minimum de 10% par an en 2023 et 2024. Le responsable du budget au ministère des Finances a ajouté qu’une enveloppe de 350 milliards de dinars du budget de l’Etat sera consacrée en 2023 à ces augmentations des fonctionnaires. Concernant les modalités de mise en œuvre de cette augmentation, il a précisé que le gouvernement a opté pour la révision du nombre de points indiciaires et non pour la hausse de la valeur du point indiciaire en augmentant de 75 points les points indiciaires en 2023 et 75 points indiciaires supplémentaires en 2024 pour chaque fonctionnaire. «Nous n’avons pas opté pour l’augmentation de la valeur du point indiciaire parce que cette mesure profitera aux salaires les plus élevés. Mais avec cette formule de point indiciaire, ce sont les salaires les plus bas qui vont bénéficier de cette mesure», a-t-il argué. Les salaires des enseignants seront augmentés de 13.500 dinars au total en 2023 et 2024. N’oublions pas le personnel enseignant du primaire, du moyen et du secondaire qui se verront accorder une seconde augmentation à travers l’application du statut particulier du personnel de l’éducation prévu l’année en cours. Tout comme les médecins et le paramédical avec l’application du statut particulier du personnel de santé. Même topo pour les enseignants du supérieur. Ces augmentations de salaires ne concernent pas le secteur économique public et privé. Pour le ministre du travail, Youcef Chorfa, les salaires dans ces secteurs sont fixés par convention collective entre l’opérateur et les travailleurs. Quant aux pensions de retraite, il a indiqué que ce sont les petites pensions qui seront touchées : les retraités qui cumulent moins de 15 ans d’activité et qui recevaient une pension entre 4000 et 10.000 dinars bénéficieront d’une pension de 15.000 et ceux qui touchaient 15.000 dinars se verront verser une pension de 20.000 dinars. Le ministre a précisé que ce sont 1.150.000 retraités qui bénéficieront en 2023 d’une pension respectivement de 15.000 et 20.000 dinars par mois. Ce qui signifie que cette augmentation des retraites selon les déclarations du ministre de travail citées par l’APS ne toucheront que les retraités qui touchaient une pension entre 4000 et 15.000 dinars. Le ministre du Travail, Youcef Chorfa, cité par l’APS, a ajouté que ces augmentations de pensions de retraite en ce début d’année bénéficieront à 1.980.000 retraités.
Quant à l’allocation chômage pour jeunes qui sera portée à 15.000 dinars par mois contre 13.000 dinars auparavant et qui touche 1,9 million de personnes, elle sera versée vers la fin de ce mois de janvier, laisse entendre le ministre du Travail.
Il s’agit à travers ces revalorisations des revenus des retraités et des jeunes chômeurs de renforcer le filet social en assurant un revenu minimum pour ces catégories de la population permettant d’assurer la paix sociale. L’accent est mis ainsi à travers ces revalorisations sur les bas salaires et les petites pensions. Il est clair que s’il faut saluer ces efforts du gouvernement pour préserver le pouvoir d’achat des citoyens, il convient de noter ces revalorisations de revenus restent partielles. Elles restent insuffisantes quand on sait que le revenu minimum pour un ménage de cinq personnes est estimé actuellement à 80.000 dinars mensuellement. Ces revalorisations salariales devront être également accompagnés par une augmentation de la productivité, de l’offre de produits et d’une maitrise du commerce intérieur si on veut que ces augmentations de revenus ne soient pas absorbées par l’inflation. n