Les salaires des enseignants et des paramédicaux seront revalorisés dans quatre mois. C’est ce qu’a annoncé le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, à l’occasion de l’ouverture de la rencontre gouvernement-walis samedi à Alger. Cependant, les syndicats de la Fonction publique exigent une augmentation effective des salaires de tous les travailleurs dans l’immédiat, sans devoir attendre jusqu’à janvier 2023.

PAR MILINA KOUACI
Abdelmadjid Tebboune a annoncé, en effet, que l’augmentation des salaires modestes se poursuivra dès janvier 2023. Il a enjoint à ce propos au gouvernement de s’atteler dès aujourd’hui à la révision des salaires des enseignants et d’entrer en contact avec leurs représentants pour réviser les statuts.
Le coordinateur de la Confédération des syndicats algérien (CSA) Boualem Amoura estime que les déclarations du Président généreront «un mécontentement et une déception» des autres catégories qu’il n’a pas évoquées, soulignant toutefois que tous les travailleurs sont concernés par des augmentations de salaires à partir de janvier 2023. «Lorsque le Président n’évoque que le personnel paramédical du secteur de la Santé et les enseignants dans le secteur de l’Education, cela va inéluctablement générer une déception des différentes corporations des deux secteurs et des travailleurs de la Fonction publique», met en garde M. Amoura.
Le coordinateur de la CSA, qui regroupe entre autres des syndicats de l’Enseignement supérieur, de la Formation professionnelle, de la Santé, de l’Education et de l’Agriculture prévoit que ces derniers passeront aux actions de protestation. Rappelant qu’en avril dernier, le président de la République s’était engagé à revoir à la hausse les salaires de tous les travailleurs et ce, à partir de janvier 2023, après les résultats définitifs des recettes de l’exercice en cours.
Il est demandé au président de la République «d’agir de suite pour améliorer le pouvoir d’achat des travailleurs qui connaît une érosion sans précédent». Pour preuve, pour la première fois depuis l’Indépendance, des commissions des œuvres sociales ont proposé l’acquisition d’articles scolaires par facilité. Cela démontre que l’érosion du pouvoir d’achat est flagrante et dangereuse, absorbée par l’inflation».
Partant de ce constat, le coordinateur de la CSA exige une «augmentation salariale conséquente» et non une augmentation «insignifiante», comme celle d’avril où l’indice minimale a été augmenté de 50 points. Ce qui était «dérisoire et sans incidence sur le pouvoir d’achat des travailleurs». Pour lui, le Président devrait annoncer le montant et la date de la prochaine augmentation salariale avec précision».
Pour sa part, le président du Syndicat algérien des paramédicaux (SAP) Ghachi Lounès semble satisfait. «Nous sommes très contents. Ce n’est pas la première fois que le Président prend des décisions en faveur des travailleurs du secteur», dit-t-il. Il a déjà instruit de réviser le statut particulier des travailleurs et d’instituer une prime Covid-19 au personnel médical et paramédical. Maintenant, il annonce une augmentation salariale pour les paramédicaux. Cela nous encourage», poursuit le président du SAP qui juge «nécessaire» d’améliorer le pouvoir d’achat des travailleurs.
De son côté, le Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement primaire (Snapep) se dit «confiant» quant aux décisions du Président. «L’annonce a été faite devant le gouvernement. Nous souhaitons que les ministères de l’Education, du Travail et des Finances appliquent et matérialisent les annonces du Président» pour améliorer le statut social et les conditions de travail», dit Chafik Lezreg, secrétaire général du bureau local du Snapep à Mostaganem. n