L’OPEP et ses alliés parmi les producteurs non-OPEP se dirigeaient vers un compromis pour une extension de trois mois de la coupe actuelle de production. Hier, lors d’une réunion ministérielle en visioconférence, les 23 pays producteurs membres de l’OPEP+ débattaient de l’opportunité de maintenir la réduction de 7,7 millions de barils par jour (mbj) au-delà de décembre 2020, alors qu’initialement, l’accord d’avril dernier, fixant les quotas de production à chacun des pays signataires, prévoyait un assouplissement de la limitation de l’offre actuellement en vigueur, soit de 7,7 mbj, pour que celle-ci passe à 5,8 mbj dès janvier 2021. Après avoir échoué à parvenir à un consensus lors des pourparlers informels de ce week-end, l’alliance des 23 producteurs, dirigée par les deux poids lourds du marché, à savoir l’Arabie saoudite et la Russie, semble s’orienter vers une reconduction de trois mois supplémentaires de l’actuelle coupe, soit jusqu’à fin mars 2021. Certains membres craignent que les marchés mondiaux reviennent à une situation de surproduction, notamment après la montée en flèche de la production libyenne, alors que d’autres souhaitaient vendre plus de brut, et donc le respect du calendrier des coupes arrêté en avril dernier. Selon des témoignages rapportés par Bloomberg, les producteurs ayant pris part aux discussions informelles de ce week-end ont soutenu l’idée de maintenir la limitation de l’offre aux niveaux actuels, soit -7,7 mbj, et ce, jusqu’à la fin du 1er trimestre 2021. Cependant, le plan n’a pas reçu le soutien de deux des principaux acteurs de la coalition des 23, à savoir les Émirats arabes unis et le Kazakhstan, rapporte Bloomberg. De toute façon, avant que les négociations passent en mode privé, les propositions et contre-propositions précédant habituellement les réunions formelles battaient leur plein. Outre l’idée de reporter de trois mois l’assouplissement des restrictions prévu dès janvier, l’idée d’un report de deux mois seulement a été également suggérée, tout comme la possibilité d’augmenter progressivement la production sur une période de trois ou quatre mois. C’est dire que les débats était houleux et le consensus plutôt difficile, même s’il existait au sein de l’OPEP+ la volonté d’équilibrer le marché, compte tenu de l’offre libyenne supplémentaire et de la baisse de la demande. Il y va de l’intérêt de l’ensemble des producteurs et des consommateurs d’ailleurs. Même si officieusement les Emirats arabes unis se battaient pour faire annuler l’idée d’une extension de l’actuelle coupe, les responsables du pays disent qu’ils n’ont pas encore pris de décision. Des tensions entre les émirats et les Saoudiens, partenaires traditionnellement fidèles, sont apparues alors qu’Abou Dhabi s’impatiente d’utiliser sa nouvelle capacité de production de brut qu’elle a construite et de lancer un contrat de référence pétrolier régional. Le Nigeria, faisant face à de troubles internes, a indiqué vouloir être exempté de cette coupe. Tout comme l’Irak qui peine à boucler son budget et, depuis peu, le Kazakhstan qui s’est dit opposé à l’idée d’ajourner l’assouplissement des réductions prévu en janvier. Toutefois, plusieurs ministres siégeant dans l’OPEP+ se sont déclarés plutôt optimistes, anticipant un compromis qui serait bénéfique pour tout le monde, comme c’est généralement le cas lors des réunions de l’OPEP et/ou de l’OPEP+. Si ce consensus ne peut être atteint, l’accord existant permet aux membres d’ajouter 1,9 million de barils par jour aux marchés mondiaux, ce qui pourrait faire dérailler le récent rebond des prix du brut. Les contrats à terme sur le Brent se négociant à près de 48 dollars le baril à Londres. Le brut pourrait baisser d’environ 5 dollars si l’OPEP+ ne retarde pas l’augmentation de sa production prévue en janvier. Hier, les cours ont rechuté pendant que les membres de l’OPEP+ cherchaient un consensus autour du maintien des coupes actuelles ; le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en janvier, dont c’est le dernier jour de cotation, cédant 0,83% vers 16h00 par rapport à la clôture de vendredi, à 47,85 dollars. A New York, le baril américain de WTI pour la même échéance chutait de 0,66% à 45,23 dollars. n