PAR MILINA KOUACI
Face à la situation socio-économique et la dégradation du pouvoir d’achat, la Confédération des syndicats algériens (CSA) compte se réunir, ce samedi, pour décider de la suite à donner à la dernière décision fixant la grille indiciaire des traitements et le régime indemnitaire.
Or, la CSA qui regroupe 14 syndicats ne veut pas agir seule. Elle a décidé d’associer l’ensemble des syndicats autonomes de la Fonction publique à la concertation et à la prise de décision. La CSA, indique son coordinateur, Boualem Amoura, a contacté un nombre important de syndicats autonomes qu’elle a conviés à la rencontre de samedi. «Le pouvoir d’achat est une question qui concerne tous les travailleurs de tous les secteurs de la Fonction publique. C’est pour cela que nous nous sommes décidés d’entrer en contact avec les autres syndicats afin de constituer un front et réclamer l’amélioration du pouvoir d’achat», dit M. Amoura. Pour lui, il est judicieux que toutes les organisations syndicales portent cette revendication de l’amélioration du pouvoir d’achat qui n’épargne aucun fonctionnaire.
Le recours à la contestation est inéluctable. «Les travailleurs sont déçus et nous allons défendre nos droits par toutes les voies légales», poursuit le coordinateur de la CSA, qui indique que les actions pourraient prendre la forme de grèves, de sit-in ou de marches.
Les syndicats de la Fonction publique ont exprimé explicitement leurs «déception et exaspération» par rapport à une hausse jugée insignifiante et qui est loin de rééquilibrer le pouvoir d’achat qui ne cesse de se dégrader.
Ces hausses varient de 2 000 da à 6 000 DA et seront soumises à l’IRG et autres taxes, explique notre interlocuteur. «Ces augmentations ne sont en aucun cas bénéfiques sur les salaires. Pis encore, elles seront absorbées par l’inflation et l’augmentation des prix», regrette notre interlocuteur.
Les syndicats réclament une révision de la valeur du point indiciaire qui devrait, selon le coordinateur de la CSA, être fixée selon l’inflation afin que les salaires suivent la hausse des prix. Le point indiciaire, rappelle-t-il, stagne à 45 DA depuis 2007. Il appelle à le fixer à 120 DA. Rappelons que la publication du décret présidentiel 22-138, prévoyant une augmentation de 50 points indiciaires, jeudi dernier, a attisé la colère des syndicats autonomes, qui disent s’être «attendus à des augmentations considérables».