L’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses partenaires se retrouvent demain pour le compte d’une nouvelle réunion mensuelle de l’Opep+. Une réunion par visioconférence qui intervient trois jours après l’accord conclu par les pays de l’Union pour actionner leur projet d’embargo sur le pétrole russe, à travers une interdiction progressive qui atteindra les 90% des livraisons russes d’ici la fin de l’année en cours.

Par Feriel Nourine
Du coup, le marché va être inévitablement perturbé, et les prix risquent de ne pas se calmer face à un scénario qui va priver les 27 de l’UE de trois millions de barils par jour, et que ces derniers doivent dès à présent commencer à chercher chez d’autres fournisseurs potentiels.
Et ce n’est d’ailleurs pas par pur hasard que l’union a de nouveau choisi la veille d’une réunion de l’alliance pour remettre sur la table son projet de rompre ses achats de pétrole russe.
C’est, en effet, ce que fait Bruxelles depuis quasiment l’entame de la guerre en Ukraine, avec, cette fois-ci, un passage à l’acte dont elle attend, bien-sûr, un impact qui inciterait l’Opep+ à mettre de côté sa prudence face au marché et à ouvrir davantage ses vannes.
Sauf que sur ce registre, les 13 pays de l’Opep et leurs 10 alliés vont sûrement se montrer une nouvelle fois intraitables, comme ils le font depuis qu’ils ont entamé la phase d’assouplissement de leur programme de réduction mise en place face à une pandémie de covid-19 qui avait carrément massacré les prix de l’or noir. Autrement dit, l’alliance devrait reconduire les mêmes quotas supplémentaires qu’elle insuffle à son offre depuis le mois d’août 2021. La dernière réunion ministérielle de l’organisation a donné lieu à une augmentation totale de 432.000 barils/jour en juin prochain, et c’est la même hausse qui est attendue lors de la réunion de ce jeudi au profit de la production de juillet.
Pour justifier sa démarche prudentielle, l’Opep+ met en avant régulièrement les fondamentaux actuels du marché qu’elle juge «équilibré», relevant «les effets persistants des facteurs géopolitiques et des problèmes liés à la pandémie en cours».
Lesquels facteurs géopolitiques qui ont donné lieu à la décision de l’UE, confortant l’alliance dans sa position.
De plus, si l’Opep+ devait relever davantage sont offre, ce n’est certainement pas lors des retrouvailles de demain qu’elle en prendra la décision. Bien au contraire, il est attendu de cette nouvelle réunion ministérielle un resserrement des rangs en guise de réplique à la sanction de l’UE contre la Russie, considérée comme un membre pivot de l’alliance aux côtés de l’Arabie saoudite.
Le Secrétaire général de l’Opep, Mohammad Sanusi Barkindo, a d’ailleurs récemment appelé les pays de l’organisation et leurs alliés à renforcer la coopération dans l’intérêt de la «stabilité» du marché pétrolier. M. Barkindo a évoqué les «incertitudes» actuelles liées aux développements géopolitiques et les conséquences possibles sur le marché pétrolier, encourageant les pays signataires de la Déclaration de coopération (DoC) à continuer de coopérer à travers ce «cadre historique», et ce, «dans l’intérêt de la stabilité du marché pétrolier et de la croissance économique».
Pour le SG de l’Opep, «il est vital que nous ayons des marchés de l’énergie stables, tant pour les producteurs que pour les consommateurs, comme cela a été le cas pendant la pandémie». n