Le chef de l’Etat a insisté au cours de cette séance de travail sur la nécessaire préservation du pouvoir d’achat des citoyens, notamment celui de la classe défavorisée.

L’heure est à la prise de décision concernant les mesures de sauvegarde de l’économie nationale, en un mot des entreprises et du pouvoir d’achat des travailleurs, afin d’éviter une dégradation plus prononcée des finances publiques, une aggravation du chômage et la faillite de nombreuses entreprises en raison des effets de la pandémie Covid-19.
Premier acte en ce sens, une réunion consacrée à l’examen du projet de Plan national de relance socio-économique s’est tenue mardi sous la présidence du chef de l’Etat et en présence du Premier ministre, des ministres des Finances, de l’Energie, de l’Industrie et des Mines, du Commerce, de l’Agriculture ainsi que du ministre délégué auprès du Premier ministre chargé de la Prospective. Cette feuille de route devrait contenir les mesures de sauvegarde des entreprises et du pouvoir d’achat des travailleurs impactés par les effets de la Covid-19 en la baisse de la demande, l’arrêt d’activité en raison du confinent, la perte de chiffres d’affaires. Cette séance de travail, lit-on dans le communiqué officiel rendu public à l’issue de la réunion, a été consacrée donc à l’examen de ce programme en vue de le soumettre aux prochaines réunions du Conseil des ministres pour son adoption de manière définitive. Au cours de cette réunion, les ministres concernés ont présenté des exposés sur des propositions de mesures pratiques à inscrire dans ce plan et à les mettre rapidement en oeuvre en vue d’éviter à l’Algérie l’effondrement de son économie d’ici à la fin de l’année, en raison de la double crise liée à la pandémie Covid 19 et la chute brutale des prix du pétrole. Intervenant au cours des débats à l’issue de ces exposés, le Président de la République a affirmé que la mouture finale du plan de relance socio-économique sera présentée à tous les opérateurs économiques, une fois approuvée en Conseil des ministres. Cette feuille de route, a-t-il ajouté, comportera des délais de mise en oeuvre des actions contenues dans le plan, c’est-à-dire des échéances. Elle fera l’objet, a indiqué le chef de l’Etat, d’évaluation à l’expiration de ces délais. Le Président de la République Abdelmajid Tebboune a insisté sur la teinte sociale de ce plan de relance.

Le chef de l’Etat appelle à s’attaquer à l’argent sale
«Le Plan national (de relance) doit préserver le caractère social de l’Etat et le pouvoir d’achat des citoyens notamment la classe défavorisée.» D’où l’appellation plan national de relance socio-économique. Le chef de l’Etat a également donné une série d’instructions aux ministres. La première consiste à opérer des réformes structurelles dans le cadre de la politique générale du gouvernement à même d’assurer une exploitation optimale et transparente de toutes les potentialités et richesses naturelles nationales, à commencer par les mines dont regorge l’Algérie. Le premier magistrat du pays insiste sur le développement et l’exploitation rapide des richesses minières du pays. Il a ordonné en ce sens l’exploitation de la mine de fer de Ghar Djebilet, dans la wilaya de Tindouf, et du gisement de zinc de Oued Amizour, dans la wilaya de Béjaïa. Si pour le premier, cela semble ne pas poser pas de problème, par contre pour le second, qui recèle des réserves importantes de fer, il faudra d’abord surmonter, selon nous, des difficultés techniques à son exploitation, la présence de phosphore dans le minerai avant de finaliser l’étude sur la faisabilité économique de ce projet. Cela suppose ensuite trouver le financement de ce projet qui coûtera plusieurs milliards de dollars, car il faudra réaliser une voie ferrée pour acheminer ce minerai jusqu’à la côte. Il faudra trouver également des partenaires intéressés. Lever ces préalables demandera au minimum trois à cinq ans. Mais il faudra saluer l’impulsion du chef de l’Etat qui pourrait accélérer les choses en matière de développement de ce gisement. Dans ce chapitre mines, le Président Tebboune a souligné l’impératif de générer de la valeur ajoutée dans chaque projet, appelant à explorer toutes les terres, y compris les terres rares, aux fins d’amortir le recul des recettes de l’Etat. Ce qui veut dire que le gouvernement Djerad devrait tabler, selon lui, sur les ressources minières pour augmenter les recettes de l’Etat à moyen terme. Le chef de l’Etat a appelé également les ministres concernés à entamer immédiatement sous la supervision du Premier ministre la recherche de mécanismes efficaces à mêmes de réduire à court terme les dépenses inutiles et d’augmenter les revenus à travers l’encouragement de la production nationale, la généralisation de la numérisation et la lutte contre l’évasion fiscale, le gaspillage et la surfacturation afin de permettre au pays de surmonter les difficultés conjoncturelles induites par la double crise issue du recul des revenus des hydrocarbures et de la propagation de la pandémie Covid-19.
Pour le Président de la République, l’édification d’une véritable nouvelle économie passe par le changement de mentalités et la libération des initiatives de toutes entraves bureaucratiques, la révision des textes juridiques en vigueur ou leur adaptation en fonction de la logique économique et non des pratiques conjoncturelles, ce qui permettra de mieux exploiter le génie national et de générer les richesses et l’emploi sans exclusion ni exclusive. En outre, le Président de la République a appelé à s’attaquer fermement à l’argent sale. «Les détenteurs (de cet argent sale) veulent entraver l’opération de changement radical amorcée le 12 janvier», a-t-il souligné.
En somme, le communiqué officiel ne fournit pas les grandes lignes de ce plan national de relance ni quelques détails de son contenu. Il n’aborde pas la question du financement de ce plan national de relance socio-économique. Il faudra donc attendre les prochains conseils de ministres au courant de ce mois de juillet pour être édifié sur la substance de cette nouvelle feuille de route.