Après avoir installé ses membres en avril dernier, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a présidé, mardi, une réunion du Haut conseil de l’Energie.

Par Hakim Ould Mohamed
La réunion a été consacrée à «l’examen de questions liées à l’énergie et aux perspectives de développement de ce secteur stratégique», lit-on dans un communiqué diffusé par la Présidence de la République. Chargé de fixer les grandes orientations en matière de politique énergétique nationale et d’en assurer le suivi et l’évaluation afin de relever le défi de la transition et de la sécurité énergétiques, le Haut conseil de l’énergie vient d’examiner, comme indiqué dans ledit communiqué, les perspectives du secteur, à l’heure où le monde et l’Europe, en particulier, première destination du gaz algérien, subissent la menace d’une crise énergétique sans précédent. De par ses missions, alors que la conjoncture plaide en faveur de la hausse des niveaux de production qui, eux, dépendent du développement et du renouvellement des réserves, le Haut conseil de l’énergie est appelé à examiner et statuer sur les stratégies à suivre afin d’atteindre cet objectif, étant donné les nouveaux engagements de l’Algérie avec certains de ses partenaires européens. Mais pas seulement, compte tenu de l’évolution à vive allure de la consommation domestique, laquelle a atteint 44 milliards de mètres cubes (m3) par an, soit 800 millions de m3 par jour et 10 millions de tonnes de carburants durant l’année 2020, l’Algérie est condamnée à accroitre sa production d’hydrocarbures afin de répondre à la demande croissante, mais aussi et surtout à diversifier ses sources d’énergie. Le ministre de l’Energie a récemment indiqué à la commission Finances de l’APN dans le cadre de l’examen du PLF 2023 – actuellement en débat en plénière – que la consommation locale en dérivés de pétrole a emprunté «une courbe ascendante à fin septembre 2022, comparativement aux réalisations de la même période de l’année, pour atteindre près de 13 millions de tonnes, avec une hausse de la consommation du diesel, du gaz de pétrole liquéfié (GPL) et du kérosènes».
Ce pourquoi, parmi les prérogatives attribuées au Haut conseil de l’énergie, ce dernier est appelé aussi à suivre l’introduction et le développement des énergies nouvelles et renouvelables, la transition énergétique vers un nouveau modèle national de production et de consommation d’énergie en fonction des ressources énergétiques et minières nationales, des engagements extérieurs et des objectifs stratégiques à long terme du pays. Alors que les prévisions en matière de consommation énergétique plaident en faveur d’une croissance ininterrompue, compte tenu de la poussée démographique et des besoins de l’économie, au détriment, probablement des capacités d’exportation du pays, s’orienter vers un nouveau modèle énergétique, qui fait la part belle aux autres sources d’énergie d’origine renouvelable, s’impose comme une nécessité absolue. En matière d’énergie renouvelable, les hypothèses disponibles accréditent l’idée selon laquelle l’Algérie dispose d’un potentiel lui permettant d’économiser plus de 35 milliards m3 de gaz naturel d’ici 2030, à condition d’opter pour un mix énergétique basé à 50% sur le renouvelable. Or, sur le terrain, force est de constater que les projets avancent à pas de tortue faisant perdre à l’Algérie, chaque année, d’importantes ressources énergétiques et financières. La hausse actuelle des prix du gaz et du pétrole sur les marchés mondiaux est, certes, une aubaine pour le pays, dont les hydrocarbures pèsent pour les deux tiers dans le financement du budget, mais un nouveau retournement de situation sur les marchés mondiaux pourrait s’avérer, à nouveau, préjudiciable, étant donné la faible diversification de l’économie et du modèle énergétique actuel. Les défis en matière de prospective auxquels est confronté le Haut conseil de l’énergie sont pour ainsi dire immenses. En effet, au-delà des questions de l’heure, se rapportant à la hausse de la production, à la diversification des sources d’énergie, au suivi de la consommation interne et des alliances stratégiques et des partenariats internationaux en matière énergétique, le Haut conseil de l’énergie a un important rôle à jouer en matière de prospective et de préparation des facteurs et des conditions pour l’avènement d’un nouveau modèle énergétique, tenant compte des défis démographiques, économiques et climatiques. Présidé par le président de la République, le Haut conseil de l’énergie est composé, faut-il le rappeler, du Premier ministre, du ministre de la Défense nationale, ou son représentant, du ministre des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger, du ministre de l’Intérieur, des collectivités locales et de l’aménagement du territoire, du ministre des Finances, du ministre chargé de l’Energie, du ministre chargé de la Transition énergétique et des Energies renouvelables, ainsi que du ministre chargé de la Recherche scientifique. <