Par Lyes Sakhi
Des dossiers des secteurs du commerce, des énergies renouvelables, de l’industrie pharmaceutique, de la santé publique et des œuvres sociales universitaires ont été à l’ordre du jour de la dernière réunion du gouvernement, samedi 4 septembre 2021. Selon les indications déjà disponibles depuis des mois sur certains d’entre eux, il semble qu’il a été question de les expédier après un temps d’attente ou de préparation supplémentaire, sans doute en raison du changement de Premier ministre en juin dernier, ou de les évaluer avant la concrétisation de leurs contenus sur le terrain.
Parmi les dossiers à l’ordre du jour depuis le début de l’été dernier, le projet de décret exécutif sur la création, l’organisation et le fonctionnement du réseau des laboratoires d’essais et d’analyses de la conformité des produits destinés à la consommation ou à l’utilisation. Présenté par le ministre du Commerce, Kamel Rezig, ce texte de loi a déjà été débattu il y a trois mois, le 10 juin 2021, sous la présidence de l’ancien chef du gouvernement Abdelaziz Djerad, en même temps qu’un autre document juridique sur la Chambre algérienne de commerce et d’industrie (CACI) et ses démembrements à l’échelle nationale. Il a été à nouveau proposé au Premier ministre Aïmene Benabderrahmane, après avoir été «enrichi» et «complété», selon les termes utilisés dans le communiqué publié par les services de la Primature.
Le projet de décret, qui semble maintenant enfin bouclé, prévoit «la refonte du réseau des laboratoires d’essais et d’analyses de la qualité (RELEA) mis en place depuis 1996, et sa transformation en réseau de laboratoires d’analyses de la conformité des produits (RELAC)», publics et privés. Il vise «le renforcement du contrôle de la qualité par la consolidation des capacités analytiques des laboratoires nationaux relevant des différents départements ministériels et des laboratoires agréés activant dans le cadre de la protection du consommateur, notamment à travers la mise en place d’une cartographie nationale numérisée». Il s’agit, résume le communiqué, d’une «action qualitative qui s’inscrit dans le cadre du dispositif de lutte contre les pratiques économiques et commerciales frauduleuses».
En ce qui concerne la transition énergétique et les énergies renouvelables, le ministre chargé du secteur Ziane Benattou a rappelé la feuille de route, lancée par son prédécesseur de l’ancien gouvernement, Chems Eddine Chitour, en s’engageant, cette fois, pour la réalisation d’une économie d’énergie de 10% «grâce notamment aux conventions avec les différents secteurs, notamment l’habitat, le transport et l’industrie, et le renforcement et le déploiement de l’Agence nationale pour la promotion et la rationalisation de l’utilisation de l’énergie (APRUE)», lit-on dans le communiqué des services du Premier ministère. L’APRUE, rappelle-t-on, a basculé sous la tutelle du ministère en mars 2021.
M. Benattou a par ailleurs annoncé, sans précision de date, que la société Shaems, joint-venture à parts égales de Sonatrach et de Sonelgaz (50%-50%), entrera en activité durant le dernier trimestre 2021. Chargée notamment de l’élaboration des cahiers des charges et du lancement des appels d’offres aux investisseurs, cette société mixte a été créée en avril 2021 en fonction de l’objectif du gouvernement d’atteindre une capacité de production d’électricité à partir du renouvelable de 15 000 MW à l’horizon 2035, soit une moyenne de 1 000 MW réalisés par an. Elle devait être opérationnelle avec le lancement d’un premier appel d’offres à la fin du premier semestre 2021, selon les déclarations faites alors par l’ancien ministre Chitour, mais cette opération ne devrait être effectuée qu’à la fin de l’année en cours. «Un appel d’offres pour la réalisation d’un ensemble de centrales électriques photovoltaïques d’une puissance totale de 1 000 MW sera lancé prochainement», a indiqué M. Benattou selon le communiqué du Premier ministère.
Autre département ministériel ayant revu, samedi 4 septembre, les prévisions annoncées par son premier responsable, l’Industrie pharmaceutique. Début juillet 2021, Lotfi Benbahmed avait affirmé que le groupe pharmaceutique public Saïdal sortira les premiers vaccins anti-Covid de ses usines en ce mois de septembre. Le communiqué du Premier ministre laisse entendre que le calcul du ministre ne sera pas confirmé et que son pronostic devra attendre encore quelque temps.
Le document des services de communication d’Aïmène Benabderrahmane précise qu’ «après une série de négociations engagées par le Groupe Saidal avec ses partenaires, qui ont été sanctionnées par la signature de contrats de partenariat, tous les moyens ont été mobilisés pour faire réussir ce projet dont l’entrée en production est prévue dans les prochaines semaines». Ce qui veut dire que le délai de septembre ne sera vraisemblablement pas respecté, en raison de la complexité de la négociation et de l’ingénierie liée à la fabrication dans notre pays de l’antidote chinois -la négociation pour le vaccin russe étant encore au stade de la maturation.
Un tel retard est donc compréhensible. Il est toutefois regrettable car beaucoup parmi les acteurs du champ industriel pharmaceutique algérien auraient souhaité que la campagne de vaccination, actuellement accélérée, surtout pour la journée attendue du 11 septembre prochain, le «Big Day» annoncée par le ministre de la Santé, soit l’occasion de «fêter» la sortie d’usine du premier vaccin anticovid «made in Algeria» et d’apprécier avec davantage d’enthousiasme et de motivation la perspective de coopération qui se dessine avec le partenaire chinois et autres dans le domaine du médicament. Pour l’instant, on se contentera des informations données lors de cette réunion du gouvernement par Abderrahmane Benbouzid. Le ministre de la Santé a déclaré que 8 millions de personnes ont été vaccinées depuis le début de l’année 2021 dont 5 millions ont reçu la première dose de vaccin anti-Covid-19. L’objectif, pour atteindre le niveau minimum requis pour assurer l’immunité collective, est de vacciner 70 % de la population.
Dernier dossier à avoir été examiné sous la présidence d’Aïmène Benabderrahmane, et dont la discussion s’expliquerait par le fait que le Premier ministre détient également le portefeuille des Finances, l’acquisition d’ambulances par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique au profit de l’Office national des oeuvres universitaires (Onou). <