Alors que les marchés pétroliers commencent à applaudir les perspectives d’un vaccin contre le coronavirus, l’Opep+, dont les membres restent sous la pression budgétaire, tentera cette semaine de maintenir le cap des réductions aux fins de soutenir le mouvement haussier des cours.

Les prix du Brut ont atteint un sommet de 10 semaines, galvanisés par l’espoir d’un vaccin anti-covid annoncé par Pfizer. L’Opep+, dirigée par l’Arabie saoudite et la Russie, ne baisse pas la garde et discute d’un report de l’augmentation de l’offre prévue en janvier. Les ministres des pays siégeant dans cette alliance se concertent sur un report de trois à six mois de l’assouplissement des coupes. Ils tiendront à cet effet une réunion, demain mardi, pour examiner le marché et prendre une décision finale dans les deux semaines à venir. Les membres de l’Opep+ savent pertinemment que même si l’espoir d’un vaccin fait dissiper quelque peu les nuages qui enveloppent les marchés, mais ce n’est aucunement le bon moment pour augmenter l’offre de brut, étant donné que le recul de la demande, notamment en Europe, est effrayant, alors que la perspective d’une hausse de la demande pourrait ne pas intervenir avant le second semestre de l’année prochaine, selon l’Agence internationale de l’énergie. Les retombées économiques de la dernière vague des reconfinements des populations persisteront, a indiqué l’Opep dans son dernier rapport mensuel de la semaine dernière. L’alliance des 23 pays avait l’intention d’alléger les restrictions de l’offre introduites en mai pour compenser l’effondrement de la demande, en rétablissant 2 millions de barils par jour de production dès le début de l’année prochaine. Mais ces dernières semaines, les membres de l’Opep+ ont reconnu que l’espoir d’une reprise de la demande semblait irréaliste.
Au lieu de desserrer les vannes à partir de janvier 2021, en application de l’agenda arrêté en avril dernier, les producteurs semblent prêts à garder une coupe d’environ 7,7 millions de barils par jour – soit environ 8% de l’offre mondiale – pendant un peu plus longtemps. Le report de l’augmentation de l’offre prévu en janvier peut être une arme à double tranchant car certains pays de l’Opep+, dont la production est flexible, ont besoin de prix du pétrole bien au-dessus du niveau actuel de 43 dollars le baril afin de couvrir les dépenses publiques.
Le ministre saoudien de l’Énergie, le prince Abdelaziz Ben Salman, a déclaré le 9 novembre que les producteurs pouvaient « modifier cet accord « si nécessaire. L’Algérie, qui assure la présidence tournante de l’Opep, et le secrétaire général du groupe, Mohammad Barkindo, ont fait des commentaires similaires. Côté russe, le président Vladimir Poutine a déclaré le 22 octobre dernier que le report était une option, et a même fait signe de la possibilité de réduire davantage la production si nécessaire. Le comité de suivi ministériel conjoint se réunit ce mardi pour fixer un cap et proposer à l’Opep+ des recommandations en fonction de la situation actuelle du marché. La demande en baisse n’est pas le seul casse-tête pour l’alliance, qui fait face également à une augmentation surprenante de l’offre de l’un de ses propres membres. La Libye, qui était jusqu’ici exemptée de l’accord de restriction de la production, a relancé la production au plus haut niveau en près d’un an. La Libye a triplé son offre et pompe désormais plus d’un million de barils par jour. Les pays de l’Opep+ qui n’ont que peu respecté leurs quotas de production dans les premiers mois de l’accord, comme l’Irak et le Nigéria, ont été chargés de réduire davantage pour compenser la hausse de leur production. n