Lors de sa réunion prévue pour demain mardi 1er juin, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et ses alliés devraient réaffirmer leur plan de relance de la production pétrolière de sorte à rétablir un peu plus la production interrompue pendant la pandémie de la Covid-19.

Par Bouzid Chalabi
C’est du moins ce qu’avance la majorité des analystes du marché pétrolier, interrogés par Bloomberg à la veille de cette réunion. Comme ces derniers estiment dans ce sens que l’Opep+ pourrait ratifier une augmentation de 840 000 barils par jour, prévue pour juillet prochain. Complétant ainsi un processus en trois étapes avec pour finalité de relancer un peu plus de 2 millions de barils cet été. C’est d’ailleurs ce que signalent plusieurs délégués de l’Opep+ qui ont demandé à ne pas être identifiés et repris par l’APS. Il va sans dire que les marchés du brut ont jusqu’ici aisément absorbé les barils supplémentaires du fait que les prix ont grimpé au-dessus de 70 dollars le baril à Londres la semaine dernière et cela pour la première fois en deux mois consécutifs. Notons également que les contrats à terme sur le Brent se sont depuis légèrement atténués au milieu des inquiétudes suscitées par la grosse vague de pandémie du virus Covid-19 intervenue en Inde ces dernières semaines. Concernant les tendances actuelles du marché pétrolier le vice-Premier ministre russe Alexander Novak, repris par l’agence de presse Interfax, estime que la demande mondiale dépasse l’offre d’environ 1 million de barils par jour. Cependant, de nombreux analystes restent prudents dans leur projection car s’appuyant sur le fait que l’Opep+ a souvent surpris les observateurs du marché, en particulier sous la direction du ministre saoudien de l’Energie, Abdelaziz Ben Salmane, qui, faut-il le rappeler, a dénoncé plusieurs fois de suite explicitement les spéculateurs. Toujours dans ce même ordre d’idées, il convient de rappeler que dans des comptes rendus de la presse spécialisée en matière de marché pétrolier il était fait mention que, lorsque les analystes s’attendaient à ce que l’Opep+ accepte d’ajouter 1,5 million de barils par jour, lors d’une de ses dernières réunions, le groupe choisissait de maintenir une production très restreinte. Plus tard, on s’attendait à ce que l’alliance maintienne sa production stable et elle annonçait plutôt une augmentation progressive de la production, qui est actuellement en cours et s’étendra jusqu’au mois de juillet prochain. Mais, selon certains analystes, une fois ce délai dépassé, le réseau des 23 pays conservera encore environ 5,8 millions de barils de production quotidienne de brut hors ligne. Ce qui représente environ 6% des approvisionnements mondiaux. Ce faisant, les négociants en pétrole cherchent à savoir à quelle vitesse l’Opep et ses alliés vont relancer leur production au plus tard cette année. Pour l’heure, l’organisation et ses partenaires accusent un déficit béant d’approvisionnement qu’ils vont tenter de combler au cours du second semestre de l’année en cours en réponse, d’une part, aux économies qui reprennent dans de nombreux pays après des mois de léthargie imposée par la crise sanitaire mondiale et, d’autre part, par la demande de carburant qui monte en flèche. N’empêche que le groupe, note Blomberg, devra peser ces deux nouvelles donnes en mettant sur la balance le risque de nouvelles vagues de pandémie en Inde et ailleurs et la perspective d’un approvisionnement supplémentaire du marché venant de l’Iran. Soulignons enfin que les cours du pétrole ont affiché à la fin de la semaine dernière leur plus forte hausse depuis la mi-avril 2021. En effet, le baril de Brent pour livraison en juillet a terminé vendredi dernier, jour de cotation hebdomadaire, à 69,63 dollars, en hausse de 17 cents ou +0,24% par rapport à la clôture de la veille. Sur la semaine, il a bondi de 5,71%. En ce qui concerne le baril de West Texas Intermediate (WTI), pour le même mois, il s’est replié de 53 cents ou 0,79% à 66,32 dollars. Mais sur la semaine, il a engrangé 4,81%. En somme, les cours des deux contrats de référence sont proches de leur plus haut annuel atteint début mars, à 71,38 dollars et 67,98 dollars pour le WTI. n