La réunion de la tripartite, prévue en septembre dernier, se tient aujourd’hui au siège de la Centrale syndicale. L’ordre du jour n’a pas été détaillé, mais l’on sait que le gouvernement et ses partenaires vont signer la charte relative au partenariat public-privé. Une charte que le patronat et la centrale syndicale appellent de tous leurs vœux depuis la signature, en 2014, du pacte national économique et social.

Ce partenariat public-privé, selon le communiqué des services du Premier ministère, « est une démarche consistant à mobiliser des ressources financières pour la réalisation de projets d’infrastructures publiques, provenant d’opérateurs privés ou publics, algériens principalement, qui bénéficieront des revenus générés par l’exploitation de ces infrastructures. Le PPP est un nouveau type de contrat à long terme sur lequel mise l’Algérie pour réaliser ses futurs projets d’infrastructures ». En fait, les entreprises privées devraient apporter leur savoir-faire managérial et, en même temps, profiter des potentialités énormes dont disposent les entreprises publiques, afin de mener à bien, en commun, des projets d’infrastructures. Jusque-là, les entreprises privées se plaignaient du fait qu’elles soient écartées des projets, au profit notamment des entreprises étrangères et publiques. Ces dernières, souvent détentrices de grands projets, avaient du mal à respecter les délais et les coûts de réalisation, en dépit des moyens dont elles disposent. Même si on ne précise pas, exactement, dans quels domaines ce partenariat se matérialiserait, il existe déjà des indices qui annoncent la couleur. Le ministère de l’Habitat avait annoncé, il y a quelques jours, que les projets de réalisation de logements seront confiés aux entreprises algériennes. Voilà, en effet, un secteur, qui fait saliver tout le monde, au regard des importants projets lancés ou en cours de lancement, toutes formules de logements confondues. Depuis le lancement du vaste programme de logements, le gros du marché avait été confié aux entreprises étrangères, notamment chinoises, turques, espagnoles et égyptiennes. Les entrepreneurs algériens s’en sont toujours plaints. La question qui se pose aujourd’hui est de savoir si les entreprises algériennes feront mieux que les étrangers, avec tous les retards et les surcoûts que l’on a connus, mais aussi avec la maîtrise de la qualité du bâti.
Evidemment, le gouvernement, crise financière oblige, cherche à réduire les dépenses, tout en essayant de maintenir les projets vitaux, que ce soit dans le domaine du logement, ou des infrastructures indispensables pour le développement économique. Si les entreprises publiques et privées, à travers cette charte de partenariat, sont appelées à utiliser au mieux leurs potentialités et à saisir cette occasion pour prouver ce dont elles sont capables, il n’en demeure pas moins que le gouvernement, de son côté, se doit de revoir sa façon d’agir, notamment en ce qui concerne le suivi rigoureux des projets, afin de respecter les normes, les délais, et surtout maîtriser les coûts. Mais, surtout, le gouvernement doit trouver un moyen de mettre fin aux créances impayées des entreprises. Un problème récurrent qui a, souvent, impacté tout le reste. Toutefois, ce partenariat public-privé pourrait aller au-delà de la simple réalisation de projets communs. Même si rien n’a filtré là-dessus, l’on l’évoque la possibilité que cette charte soit le prélude à une entrée du privé dans le capital des entreprises publiques. Une éventualité d’ailleurs inscrite dans la loi de finances 2016.
Cette privatisation, même partielle, figure parmi les priorités du patronat qui aimerait bien profiter des moyens colossaux dont disposent certaines entreprises publiques, et surtout de leur foncier et autres infrastructures qui pourraient être mieux exploitées et rentabilisées. Mais on n’en est pas là. Attendons, d’abord, de voir sur le terrain les premiers fruits de ce nouveau partenariat.