Une réunion de haut niveau sur «la lutte contre le financement du terrorisme en Afrique» se tiendra aujourd’hui à Alger, durant laquelle il sera question des stratégies à entreprendre collectivement et des moyens et méthodes de lutte contre ce fléau.

Il s’agira de se pencher sur les politiques à entreprendre afin de tarir le terrorisme à sa source en luttant notamment contre son financement direct ou indirect. La rencontre, co-organisée par l’Algérie et l’Union africaine, réunira les délégués des pays membres de l’UA, de l’Organisation des Nations unies, de l’Union européenne et d’autres organisations internationales et régionales activant dans la lutte contre le terrorisme.
Le financement du terrorisme dans la région du Sahel est d’autant plus pernicieux que certains pays n’hésitent pas à payer, de façon indirecte, de grosses sommes afin de faire libérer leurs otages.
Bien que ce procédé n’a jamais été assumé publiquement, il n’en constitue pas moins un véritable casse-tête pour les Etats d’Afrique confrontés directement aux activités des groupes armés. L’ouverture des travaux de cette importante conférence sera présidée par le ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel et verra notamment la participation des représentants des cinq pays membres du Conseil de sécurité de l’ONU.
La décision de tenir cette réunion à Alger avait été prise en septembre 2014 par le sommet des chefs d’Etat et de gouvernement du conseil de paix et de sécurité de l’UA, et entérinée par un sommet de l’Union africaine.
L’Algérie de par son expérience dans la lutte contre ce phénomène prône une stratégie commune. « Cette conférence est très importante dans le contexte actuel pour que nous ayons des positions africaines, essayer d’échanger nos vues autour des législations de nos pays, et d’identifier le rôle de nos institutions qui luttent contre le blanchiment d’argent et le trafic de tout genre », dira Messahel.
Les participants discuteront des défis réels induits par la lutte contre le financement du terrorisme, ainsi que de plusieurs thématiques d’actualité en Afrique comme l’assèchement des sources du radicalisme violent et les connections entre les trafics de drogue, d’armes et d’êtres humains.

L’Algérie préconise une approche globale
Pour l’Algérie, il s’agit de lutter efficacement contre le terrorisme dans l’inextricable région du Sahel et l’épuisement de ses ressources, et pour y arriver il faudrait renforcer la coordination et la concertation entre les pays africains autour des questions sécuritaires.
D’autres acteurs non africains, dont des puissances, sont également appelés à se concerter avec les Etats de la région, à l’instar des Etats-Unis qui ont annoncé qu’ils mèneront des manœuvres militaires au Niger, dans le cadre de l’exercice militaire dit «Flintlock 2018 ». Ces manœuvres annoncées du 9 au 20 avril au Niger, avec la participation d’une vingtaine de pays africains et occidentaux, interviennent après l’embuscade au Niger qui a coûté la vie à quatre soldats des forces spéciales américaines. D’autres initiatives opérationnelles comme celle du G5 Sahel, sous l’égide de la France, sont actives sur le terrain et gagneraient à être « mieux définies». Les contacts entre Alger et ses partenaires n’ont jamais cessé sur ces questions sécuritaires d’importance. Une rencontre avait eu lieu en février dernier à Alger entre Messahel et le coordonnateur adjoint de la lutte contre le terrorisme au Département d’Etat américain, Alina Romanowski. En novembre dernier Messahel avait souligné à Washington, lors de la réunion ministérielle sur la sécurité en Afrique avec l’ex-Secrétaire d’Etat américain, Rex Tillerson, que la réussite de la lutte militaire et sécuritaire contre le terrorisme « doit être nécessairement accompagnée de programmes politiques, économiques, sociaux, culturels, éducatifs, religieux et autres prenant en charge les différentes vulnérabilités de la société, que la propagande terroriste exploite intensément ».
En effet l’Algérie préconise une approche globale pour lutter efficacement contre ce phénomène transnational.
Le ministre des Affaires étrangères Abdelkader Messahel l’a d’ailleurs signifié en encourageant la nécessité de «promouvoir la logique de l’inclusion contre celle de l’exclusion ».