Va-t-on vers un règlement de la crise qui frappe l’Entreprise nationale des industries électroménagers (Eniem). Oui, au cas où la réunion, organisée aujourd’hui par le ministère de l’Industrie, avec les banques qui financent l’Eniem, ainsi que l’Entreprise nationale des industries électroniques (Enie), ouvre la voie à une démarche apte à remettre les deux filiales du groupe Elec El Djazaïr sur les rails d’une relance durable et l’inscrire dans la durabilité. Non, si l’Eniem et l’Enie restent soumises à des formules de bricolage qui continueront à leur dégager des crédits sans leur apprendre à éviter les endettements répétitifs et leur portée mortelle pour l’entreprise.
C’est pourquoi, d’ailleurs, en annonçant, jeudi, ce rendez-vous, auquel assisteront les responsables des complexes de Tizi-Ouzou et Sidi Bel-Abbès, Ferhat Aït Ali Braham a tenu à préciser qu’il sera question de dégager un plan de relance « pérenne et non un plan de relance d’urgence conjoncturel ». Référence faite aux solutions d’urgence dégagées précédemment au profit de ces deux entreprises, asphyxiées financièrement, et dont le sauvetage a nécessité nettement plus, et surtout mieux, en matière de soutien de l’Etat.
Le ministre dit également, et de manière indirecte, que l’argent est vital dans les cas de l’Eniem et l’Enie, mais qu’un soutien financier a besoin d’être injecté dans une démarche capable de corriger les vieux réflexes qui servent de management à nos entreprises publiques. « Notre vision est que le secteur public doit bénéficier d’une relance et d’un financement mais sur des bases financières saines », a-t-il souligné à ce propos, lors d’un point de presse en marge d’une réunion qu’il a présidé avec les opérateurs économiques nationaux publics et privés.
Il faudra donc s’attendre à ce que les responsables de l’Eniem et de l’Enie aillent à la réunion d’aujourd’hui avec des projets de relance susceptibles de convaincre les dirigeants des établissements bancaires qui les financent. Sauf que pareille mission semble difficile, voire impossible, en cette période de fort déficit budgétaire enregistré par les deux entreprises, nécessitant du coup, plus une opération de sauvetage et de réanimation qu’un plan de bénéfices. Notamment dans le cas de l’Eniem, dont l’usine se trouve à l’arrêt technique, décrété par sa direction et entré en vigueur le 1er décembre courant. Une décision qui témoigne de la fragilité de cette entreprise, d’autant qu’elle est la seconde du genre en moins d’une année et pour les mêmes motifs de « contraintes financières », qui empêche l’usine de Tizi-Ouzou de s’approvisionner en matières premières.
Le premier arrêt technique, en février dernier, avait déjà poussé l’Etat à intervenir pour faire débloquer un crédit de 1,1 milliard de dinars, mais sans pour autant éviter à l’entreprise le même sort, neuf mois plus tard. Le montant injecté n’aura finalement suffi à faire redémarrer l’outil de production de l’Eniem que jusqu’au mois d’octobre. Et à donner aussi à réfléchir à un plan de relance plus approprié à cette entreprise dans la tourmente et qui n’est pas seule dans le secteur public à être dans cette insoutenable posture qui fait de plus en plus peur dans les rangs des travailleurs. Ces derniers se retrouvent une nouvelle fois partagés entre un sentiment de colère et d’inquiétude qu’ils expriment depuis le premier jour de l’arrêt technique. Ils ont d’ailleurs organisé une marche de protestation en guise de rejet à cette solution, qui les avait menés de leur usine au siège de la wilaya où leurs représentants syndicaux ont été reçus par le wali. Une commission du ministère de l’Industrie a, par la suite, été dépêchée à l’usine pour rassurer les travailleurs et les dirigeants de l’Eniem.
Mais cela n’a pas suffi aux employés, puisque ces derniers sont revenus à la charge, mercredi dernier, pour faire part d’un risque encore préoccupant, en l’occurrence une compression d’effectif qui serait en train de les menacer. Un cri d’alarme que les sections syndicales de l’entreprise semblent avoir attendu la réunion de jeudi, entre la tutelle et les dirigeants des entreprises économiques, pour le lancer. Entre-temps, le PDG de l’Eniem avait fait part d’« un plan de sauvetage de l’entreprise en élaboration avec le groupe Elec El Djazaïr et le ministère de l’Industrie ». Ce plan « sera soumis aux banques et au ministère des Finances dans les prochains jours », a-t-il souligné. Ce sera donc fait aujourd’hui.