L’enjeu est de renouer avec la diplomatie de proximité pour sauver de la précarité le cessez-le-feu obtenu le 19 janvier à Berlin entre le gouvernement de Tripoli et le maréchal autoproclamé Haftar.

L’Algérie semble vouloir accélérer la cadence dans le but de parvenir à un accord inter-libyen, qui éviterait à ce pays de sombrer dans le chaos. Alger accueille aujourd’hui une réunion des chefs de la diplomatie des pays voisins de la Libye, dans le cadre des efforts internationaux visant à parvenir à un règlement politique dans ce pays. Il y aura la participation de la Tunisie, l’Egypte, le Soudan, le Tchad et le Niger, ainsi que le Mali. Cette rencontre «s’inscrit dans le cadre de ses intenses efforts pour la consolidation de la coordination et la concertation entre les pays du voisinage de la Libye et les acteurs internationaux, afin d’accompagner les Libyens dans la dynamisation du processus de règlement politique de la crise, à travers un dialogue inclusif, et de permettre à ce pays frère et voisin de sortir de la situation difficile qu’il vit et de construire un Etat et des institutions où prévaudra la sécurité et la stabilité», note le ministère des Affaires étrangères. La réunion devrait porter sur les derniers développements en Libye à la lumière des résultats des offices de l’Algérie en direction des composantes libyennes et des parties internationales agissantes et ceux des efforts internationaux pour arriver à mettre en place un processus de règlement de la crise libyenne «loin de toute ingérence étrangère, quelle qu’en soit la nature». L’Algérie avait proposé, dimanche dernier à Berlin, sa médiation entre les Libyens dans le but de trouver une solution à la crise dans ce pays déstabilisé depuis 2011. Le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, avait fait part, depuis la capitale allemande, de «la disponibilité de l’Algérie à abriter le dialogue entre les frères libyens» et son rejet «catégorique» de la politique du fait accompli. Intervenant devant les participants à la Conférence de Berlin sur la Libye, le Président de la République a réitéré son appel à «la communauté internationale» d’assumer sa responsabilité en matière de respect de la paix et de la sécurité dans ce pays. «Nous sommes appelés à arrêter une feuille de route aux contours clairs, qui soit contraignante pour les parties, visant à stabiliser la trêve, à stopper l’approvisionnement des parties en armes, afin d’éloigner le spectre de la guerre de toute la région», a indiqué M. Tebboune, appelant à «encourager les parties libyennes à s’asseoir autour de la table pour résoudre la crise par le dialogue et les voies pacifiques et éviter ainsi des dérapages aux conséquences désastreuses». Et d’ajouter : «L’Algérie est prête à abriter ce dialogue escompté entre les frères libyens».

Eviter la déstabilisation
La situation en Libye, qui tend à se complexifier, est en attente d’une forte mobilisation des pays de la région afin d’éviter à ce pays davantage de déstabilisation pouvant mener à une déflagration aux conséquences incalculables. Avec les interventions de parties étrangères, la Libye risque même la partition. Le Conseil de sécurité de l’ONU a appelé, de son côté, les parties libyennes à finaliser «dès que possible» un cessez-le-feu afin de permettre une relance du processus politique seul à même de mettre un terme au conflit en Libye. «Les membres du Conseil de sécurité exhortent les parties libyennes à s’engager de manière constructive dans la commission militaire conjointe dite 5+5 afin de conclure un accord de cessez-le-feu dès que possible», selon une déclaration publiée à l’issue d’une réunion du Conseil sur les résultats du sommet berlinois. Cette commission devrait se réunir prochainement. Elle est formée de cinq officiers issus du camp du maréchal Khalifa Haftar et de cinq officiers représentant le Gouvernement d’union (GNA) de Fayez Al-Sarraj. Cette commission a pour mission de définir sur le terrain les mécanismes de mise en œuvre d’un accord de cessez-le-feu devant succéder à une trêve toujours précaire et menacée par des actions sporadiques notamment de la part des troupes de Haftar. n