Fidèle à la tradition qui est sienne, le Front des forces socialistes (FFS) profite de la réunion de son Conseil national ordinaire, tenue vendredi, pour manifester sa préoccupation face la situation sociale du pays, qui est aujourd’hui «le résultat néfaste d’une stratégie d’État libéral», estime le FFS dans un communiqué rendu public hier.

Cette stratégie est «inspirée par les officines étrangères», considère-t-on chez le plus vieux parti de l’opposition du pays, soutenant que les politiques «antisociales» qu’elles préconisent consistent à «démanteler l’État social en tant que prestataire de services publics, à déposséder l’État actionnaire en tant que propriétaire d’entreprises publiques, à abolir l’État stratège en tant que planificateur des grandes évolutions du pays, et à défaire l’État arbitre en tant que contrôleur des abus du secteur privé». C’est donc un véritable réquisitoire que le FFS dresse une nouvelle fois contre les nombreuses opérations socioéconomiques qui sont en train de déposséder progressivement le citoyen algérien de ses droits acquis depuis longtemps en matière de protection sociale. Dans ce sens, la formation politique, dirigée par une nouvelle instance depuis avril dernier, ne dissimule pas ses craintes face à l’avenir du pays qui, considère-t-elle, «sera caractérisé par moins de service public, moins de protection sociale, moins d’intervention de l’État dans l’économie, et moins d’encadrement du secteur privé. Un gouvernement de la cité au bénéfice d’une minorité au détriment de la majorité des citoyens». Pour résumer la situation, le FFS parle de «programme antisocial rétrograde et oligarchiste».
Dans la même logique d’un discours critique, le Conseil national du FFS analyse la situation politique du pays et met en garde contre «le statu quo politique qui perdure et la volonté du régime actuel de se pérenniser au-delà de la prochaine élection présidentielle en visant à neutraliser toute organisation qui lutte pour le changement et à casser les forces sociales autonomes pouvant le déstabiliser».
La place de l’Algérie sur la scène internationale a été également examinée par le même Conseil national. Et à ce niveau également, la situation ne prête pas à satisfaction, estime-t-on, déplorant que «l’Algérie n’existe que pour ses ressources pétrolières et gazières », alors que «son rôle politique pour la résolution des conflits régionaux à ses frontières, en Libye comme au Mali», est « marginalisé par la présence d’autres acteurs présents militairement sur le terrain, et un Maghreb inexistant». Si la situation sociopolitique du pays a été passée au peigne fin par le Conseil national ordinaire du FFS, comme le laisse interpréter le communiqué rendu public, un fait marquant de l’actualité brûlante ne figure toutefois pas dans le compte-rendu consacré à cette session. Il s’agit, bien-sûr, de l’affaire des 701 kilos de cocaïne qui alimente ces derniers jours les discussions et débats dans les différentes sphères, jusqu’aux plus hautes institutions, et met en cause des personnalités représentant différentes institutions de l’État. En attendant les conclusions de l’enquête judiciaire.