Le régime des retraites est, depuis presque deux années, à l’origine d’un bras de fer qui oppose l’Exécutif à ses partenaires sociaux. Les points de vue avancés et défendus par chacune des deux parties divergent. Alors que le gouvernement ne cesse de lancer des alertes quant à la situation « critique » de la Caisse nationale des retraites (CNR)

, les syndicats s’accrochent, de leur côté à «l’acquis social» qu’est le droit de départ à la retraite anticipée. Les déséquilibres financiers actuels de la CNR s’accentuent. Si l’on croit le ministre du Travail, de l’Emploi et de à la Sécurité sociale, le déficit qu’accuse la CNR est la conséquence des départs massifs à la retraite anticipée et de la faible cotisation des salariés et employeurs, ainsi que le travail sur le marché informel qui fuit les cotisations. Pour redresser la situation, le gouvernement a abrogé l’ordonnance 97-13 relative au départ à la retraite sans condition d’âge. C’est dans cette optique que l’Exécutif a mis fin à la
retraite proportionnelle, avec une période transitoire de deux ans. Malgré les alertes de l’Etat, notamment du département de M. Mourad Zemali, sur la situation financière du système de sécurité sociale, les syndicats n’en démordent pas. Ils se sont toujours organisés pour inciter le gouvernement à revenir sur sa décision.
Ils proposent à l’Etat de revoir sa politique économique et de l’emploi, mobiliser des ressources non épuisées au lieu de porter atteinte à un droit fondamental des travailleurs. Une alternative loin d’être acceptée par le gouvernement d’Ahmed Ouyahia.
Le directeur général de la sécurité sociale au ministère du Travail, Djaouad Bourkaïb, avait expliqué que «la retraite sans condition d’âge a été mise en place dans le cadre de l’ajustement structurel du FMI et cela va être supprimé pour que la retraite revienne à 60 ans», ajoutant qu’il «il est quasiment impossible de maintenir le système de sécurité sociale avec le départ volontaire à 50 ans». Sans approuver les décisions du gouvernement, le consultant en relations de travail, Noureddine Bouderba, explique toutefois qu’il ne peut pas y avoir une pérennité du système de sécurité sociale et de la retraite par répartition basée sur la solidarité, en l’absence «d’une véritable relance économique en Algérie, qui doit créer des emplois durables dans le pays».
Ce dernier a dans, ce sens, appelé à l’annulation de certaines dépenses qu’il qualifie «de perte, telles que celles de la Cnac, qui finance le chômage au lieu de l’emploi, ainsi que le financement par l’Etat des allocations familiales à la place des employeurs».