PAR INES DALI
Le Directeur général par intérim de la Caisse nationale des retraites (CNR), Djaâfar Abdelli, a révélé qu’une enveloppe de 90 milliards de dinars a été allouée pour la revalorisation des pensions de retraite, annoncée dimanche dernier.
L’augmentation, qui touchera l’ensemble des retraités à des degrés divers, est prévue d’être versée avec effet rétroactif à partir de mai 2021 pour tous les affiliés à la Caisse de retraite, a ajouté M. Abdelli, dans une déclaration à la Chaîne I de la Radio nationale.
Le même responsable a expliqué que les augmentations seront à «des degrés divers car la priorité a été donnée aux retraités dont les pensions sont basses». Le taux sera donc dégressif puisque l’augmentation sera de 10% pour les pensions inférieures à 15 000 DA, alors qu’il s’agira d’une augmentation de 5% pour les pensions se situant entre 15 000 DA et 20 000 DA. Le taux augmentera de 3% pour les pensions se trouvant dans la fourchette entre 20 000 DA et 43 000 DA, alors qu’il est prévu à 2% pour les pensions dépassant les 43 000 DA, a rappelé le même responsable.
La revalorisation des pensions de retraite a été annoncée à l’issue de la réunion du Conseil des ministres, le 10 avril dernier, suite à la décision du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui avait donné des instructions dans ce sens pour que la revalorisation soit effectuée au titre de l’année 2021 avec effet rétroactif ainsi qu’au titre de l’année 2022. L’ensemble des retraités dont le nombre est estimé à plus de 3 millions affiliés à la CNR sont concernés.
Si la revalorisation est bien accueillie, surtout qu’elle inclue l’effet rétroactif, le gain net ne répond pas à l’érosion du pouvoir d’achat, notamment de la catégorie des retraites basses, selon les concernés qui ont dû attendre une année pour qu’on leur annonce le versement de la revalorisation de l’année 2021 et du rappel y afférant. Car l’augmentation qui doit intervenir chaque année au mois de mai n’a pas eu lieu l’année dernière.
L’Organisation syndicale des retraités algériens (Osra) – non agréée – est intervenue à ce sujet par le biais de nombreux communiqués dans lesquels elle revenait sur la situation de la frange de la société dont elle s’occupe. Après l’annonce des nouvelles revalorisations, elle s’est encore dit mécontente et estime que les hausses annoncées pour les retraités ne sont que «des miettes». Elle a fait savoir, par le biais du responsable de l’organique, qu’elle s’attendait à un meilleur résultat après une si longue attente et dans la conjoncture actuelle, caractérisée par un pouvoir d’achat qui ne cesse de se dégrader.
Le «constat» est que les retraités sont «déçus» car ils s’attendaient à «une révision conséquente de la revalorisation annoncée en mai 2021, vu que cette dernière ne répondait pas à la chute vertigineuse de leur pouvoir d’achat et à l’inflation galopante», a affirmé le responsable de l’organique de l’Osra, lundi, à Reporters, mettant en exergue que «les retraités qui ont pris leur mal en patience se voient annoncer «une faible revalorisation». Il a indiqué que les retraités espèrent que «le gouvernement revoie sérieusement la revalorisation de l’année 2021 (mai 2021-avril 2022) et annonce une revalorisation plus respectable et conséquente pour l’année 2022 (mai 2022-avril 2023) qui reflète la chute du pouvoir d’achat du retraité et de l’inflation galopante en Algérie».
En tout état de cause, cette organisation ne compte pas en rester là et prendra les décisions idoines après le mois de Ramadan. Dans ce cadre, son responsable a indiqué qu’elle prévoit de tenir une réunion de son comité national en mai prochain. n