Alors que le médicament à base de générique peine toujours à s’imposer sur le marché pharmaceutique algérien, une instruction du ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, plutôt que de rassurer le patient quant à la fiabilité du produit pharmaceutique fabriqué localement, l’incite à s’en méfier et à prendre ses distances du produit générique.

Hier, a-t-on appris de nos confrères de TSA, la Pharmacie centrale des hôpitaux (PCH) a été instruite par son ministère de tutelle de demander aux directeurs de la santé et de la population (DPS) du pays à procéder au « retrait de tous les lots relatifs à tous les produits fabriqués par les laboratoires algériens Lad Pharma », qui possède, pour la précision, un catalogue de 66 produits : en allergologie, dermatologie, cardiologie, neurologie, otologie, etc. Sollicité pour un éclairage, Messaoud Belambri, président du Syndicat national des pharmaciens d’officine (Snapo), précise que « cette instruction n’implique pour le moment que les pharmacies des hôpitaux, car elle n’est toujours pas communiquée aux pharmaciens d’officine ». Ignorant le motif derrière l’instruction du ministère de la Santé, M. Belambri émet des doutes que la demande de retrait des produits de Lad Pharma soit liée à la qualité du médicament que l’industriel fabrique. «La tutelle nous demande parfois de retirer des médicaments pour des raisons de conformité comme pour des raisons de procédures administratives», dit-il. Effectivement, l’instruction ne concerne pas, pour l’instant, les pharmacies d’officine, mais la tutelle leur a demandé récemment de retirer «Argenol» et «Binozyt », nous dit un pharmacien. Ce dernier explique que chaque fabricant obtient « l’autorisation de mise sur le marché avant qu’il ne procède à la commercialisation du médicament ». Auparavant, « la qualité du médicament est vérifiée et sa composition qualitative et quantitative est déclarée », ajoute le même pharmacien. D’ailleurs, ajoute-t-il, « les contrôles sur les matières premières, produits en cours de fabrication ou produits finis sont effectués suivant les standards internationaux». Ce dernier ignore les dessous d’une telle instruction et quand une telle mesure leur parvient, les pharmaciens d’officine appliquent les instructions de la tutelle à la lettre car ils n’ont pas le droit de demander des explications. « Lorsqu’on reçoit une note ministérielle pour retirer un lot ou une nomenclature, on applique l’instruction, parce qu’on n’a pas le droit de demander des explications », confirme un autre. Toutefois, il pense que cette mesure pourrait être liée aux effets thérapeutiques des produits pharmaceutiques. « Au cas où le médicament se révélerait, à l’usage, dangereux pour la santé, la tutelle peut décider en urgence de son retrait d’office du marché ». Théoriquement, le retrait de l’autorisation de mise sur le marché est notifié aux fabricants avec les motifs qui la justifient, à la suite de la découverte d’un défaut de qualité ou d’un effet indésirable, ajoute ce professionnel de santé. Nous avons tenté de joindre le premier concerné, Lad Pharma, mais en vain. Pour sa part, le conseiller au ministère de la Santé, Slim Belkessam, a nié que l’instruction de retrait des médicaments fabriqués par Lad Pharma soit liée à la qualité du produit, se contentant de qualifier la procédure de « normale ». Ces mesures, dans tous les cas, estime un pharmacien, accentuent la réticence des malades par rapport aux génériques, qui préfèrent alors la molécule d’origine, le princep.