Par Hamid Bellagha
Pour la première fois depuis le mois de juillet dernier, l’Algérie enregistre un rebond des cas de contaminations. Dépassant les 300 cas par jour, il faut estimer les vrais chiffres après une multiplication par 30, selon plusieurs épidémiologistes, de celui communiqué par le ministère de la Santé pour avoir un nombre de transmissions qui se rapproche le plus de la réalité du terrain. Il ne s’agissait pas de savoir si le variant Omicron était intra muros ou non, mais plutôt quand il le sera et quand il sera majoritaire. Tout cela à la lumière du relâchement total de la population quant aux gestes barrières, et où celui qui porte un masque est pratiquement raillé par ses congénères, en plus du très faible taux de vaccination, l’Algérien s’étant inscrit sur la liste des antivax au moment où 13 millions de doses de vaccins attendent preneurs.
Les systèmes de santé les plus performants de la planète commençant à lâcher face à la recrudescence des cas de Covid-19, il ne faut pas être devin pour imaginer le nôtre quand des centaines de cas par jour atterriront aux urgences de nos hôpitaux. La résilience n’étant pas une seconde nature dans nos dispensaires, les scènes de désolation et de consternation de la 3e vague pointent déjà à l’horizon de la 4e. Une sorte de retour vers le futur.
Les pouvoirs publics ont aussi une grande part de responsabilité dans la déliquescence de la campagne de vaccination, n’étant jamais parvenu à un degré de persuasion des sceptiques et des antivax. Il y a bien eu des tentatives d’obligation vaccinale chez certaines catégories de travailleurs, mais l’obligation n’étant pas… obligatoire, toutes les tentatives ont fait pschitt. Et à chaque fois on revient à la case de départ.
Ce n’est pas le passe sanitaire, encore moins le vaccinal, qui nous démentiront, car on imagine mal les préposés dans un stade de football ou dans une salle des fêtes contrôler la conformité sanitaire de ceux qui s’y présentent. Tout cela pourrait augurer, ce que personne ne souhaite, le recours aux mesures de limitation de la mobilité ou d’interruption d’activités économiques, commerciales et sociales ou encore pire, le confinement à domicile, des décisions que le gouvernement Benabderrahmane commencent à distiller avec des doses homéopathiques, pour le moment.
Nul doute que le pas vers d’autres restrictions et de vraies obligations vaccinales sera franchi dans les tous prochains jours, quand les services ou hôpitaux dédiés au Covid-19 afficheront complet. Mais ne sera-t-il pas déjà trop tard ?