Par Hamid Bellagha
De 150 millions de dollars investis en Libye, Sonatrach est en passe d’atteindre les 200, après la rencontre du P-DG de la multinationale algérienne avec son homologue libyen.
Hakkar et Sanalla préparent donc activement le retour de Sonatrach en Libye en grande pompe, après qu’elle ait plié bagages, en 2014, pour des raisons évidentes de sécurité.
Le retour présentiel de la compagnie algérienne ne devrait rencontrer aucun problème majeur eu égard à la situation alarmante de l’approvisionnement de l’Europe en gaz naturel. Les bruits de bottes en Ukraine ont fait que l’offre russe en gaz naturel est devenue très tiède de même que la demande du Vieux continent. L’Europe, qui voudrait le beurre et l’argent du beurre, le gaz et l’argent du gaz, souhaiterait imposer des contraintes économiques à Gazprom et des sanctions économiques à Moscou, mais sans que son confort énergétique n’en soit affecté. Une politique que n’approuve pas le maître du Kremlin, bien sûr, et qui débouche sur une quadrature du cercle que le gaz algérien, à lui seul, ne saurait résoudre.
Un rapide calcul des potentialités algériennes concernant la satisfaction des besoins en gaz de l’Europe aboutit à une impossibilité de remplacer le géant russe. L’Allemagne et d’autres pays de l’Union européenne se tournent encore une fois vers les pays du Sud, de l’Algérie à l’Irak, en passant par le Qatar.
Pour la donne des pays du Sud, la Libye entre en jeu cette fois, même si la tension entre les factions guerrières du pays risque de compromettre un approvisionnement régulier. Mais pour y pallier, Sonatrach renforce sa présence en terre libyenne et pourrait être derrière la résolution des problèmes gaziers de l’Europe. Une occasion unique pour le géant algérien de renforcer son empreinte et sa part dans le concert énergétique mondial. Sonatrach sera concernée pour appuyer la production de gaz libyen, mais se mettra en évidence aussi pour amplifier des programmes ajustés avec les filiales de la NOC et  engendrer des sociétés conjointes dans la recherche et l’exploration, les travaux de forage, la réhabilitation et la maintenance des équipements, la formation, avec aussi le génie civil et la construction.
Tout un programme qui devra remettre sur rail un pays en proie aux démons de la guerre et permettre à Sonatrach de confirmer et de conforter son rôle de géant du continent, à l’ombre d’une paix qui tarde à se concrétiser tant les velléités et les convoitises, justement sur le gaz et le pétrole libyens, sont nombreuses.