Le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Kamel Beljoud, s’est rendu hier dans la région d’El Tarf où il a supervisé au poste frontière d’Oum Tboul avec son homologue tunisien, Tawfik Charafeddine, les préparatifs de la réouverture vendredi prochain de la circulation entre les deux pays. Théoriquement, cette journée qui met fin à trois années d’interruption de trafic en raison du Covid s’annonce noire en termes de fréquentation et de trafic routiers au niveau de ce passage frontalier et de tous les autres qui relient dans la partie Nord l’Algérie et la Tunisie. Une probabilité pour laquelle les autorités des deux pays se préparent pour éviter un rush chaotique. A moins que les touristes algériens – qui étaient 3 millions à se rendre dans le pays voisin avant le Covid – ne décident autrement, et choisissent de se rendre progressivement et par vagues vers les stations balnéaires du littoral tunisien.

Le compte à rebours a commencé. Il ne reste plus que trois jours pour l’ouverture des frontières terrestres entre l’Algérie et la Tunisie, ouvrant la voie à la reprise du tourisme entre les deux pays.
Nul doute, un grand rush des touristes algériens est attendu vers la Tunisie. A cette occasion, le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Kamel Beldjoud, s’est déplacé hier sur les lieux, plus précisément au poste frontalier d’Oum Tboul, où il a rencontré son homologue tunisien Tawfik Charafeddine, pour constater de visu les préparatifs à cet événement après plus de deux années de fermeture.
Les Tunisiens, qui ont accueilli avec une grande satisfaction l’ouverture des frontières terrestres pour le vendredi 15 juillet, notamment en cette saison estivale synonyme de grand déplacement d’Algériens vers leur pays, sont en train de tout mettre en œuvre pour garantir un bon séjour à des millions de touristes algériens dont ils ont été privés depuis l’avènement de la pandémie de Covid-19 en mars 2020.
Dans ce cadre, «une coordination» est en cours entre les autorités des deux pays d’abord «aux postes frontaliers» afin de «permettre au flux important de touristes d’aller et de venir en toute sérénité», a déclaré le ministre Beldjoud. Il a tenu à souligner qu’il y a «neuf passages terrestres» entre l’Algérie et la Tunisie et pas seulement le poste le plus important qu’est Oum Tboul à El Tarf. C’est pourquoi, il a appelé les voyageurs à ne pas se déplacer uniquement à travers ce dernier afin de «ne pas créer un encombrement» à ce point précis, mais de se rendre au pays voisin également à travers «les autres postes frontières dans les wilayas que sont Tébessa, El Oued ou encore Souk Ahras». En 2019, avant la crise sanitaire mondiale, le poste frontalier d’Oum Tboul a connu, à lui, seul, le passage de «près de 2 millions de touristes des deux pays».
Soucieuse de récupérer une clientèle fidèle qui se compte par millions, la concurrence tunisienne s’est très vite mise en selle pour garantir l’accueil des touristes algériens dont elle n’a cessé de réclamer le retour en appelant à l’ouverture des frontières terrestres, sachant que le plus gros des déplacements s’effectue par route. L’arrivée «au galop» de la concurrence tunisienne en matière de tourisme devrait stimuler la partie algérienne du secteur pour qu’elle en fasse de même à son tour, en attirant plus de touristes, qu’ils soient nationaux, tunisiens ou tout autre touriste étranger.
La partie tunisienne a vite réagi dès l’annonce de l’ouverture des frontières terrestres. En effet, dès le 7 juillet, les préparatifs ont commencé pour être prêts le jour «J» et le ministre tunisien du Tourisme, Mohamed Moez Belhassine, a tenu une réunion spéciale à laquelle ont pris part de nombreux responsables, à l’instar du représentant de l’Office national des passages frontaliers terrestres et du représentant régional du tourisme dans la région de Tabarka-Ain Draham, en plus d’un représentant du tourisme en Algérie. Une réunion au cours de laquelle il a appelé à «prendre toutes les mesures nécessaires, et en pleine coordination avec toutes les parties concernées, pour un bon accueil des Algériens afin qu’ils passent leurs vacances dans les meilleures conditions».
Avant la fermeture des frontières, ils étaient près de 3 millions de touristes algériens à avoir effectué une visite en Tunisie. La reprise avec l’ouverture des passages terrestres devrait permettre au pays voisin d’en accueillir le tiers, selon les prévisions de l’Union nationale des agences de tourisme. Cette dernière a révélé qu’«au moins un million de touristes algériens visiteront la Tunisie cet été après la décision d’ouvrir les frontières à partir de la mi-juillet». Les offres ont été concoctées et présentées par les agences de tourisme dès l’annonce de l’ouverture des frontières. C’est que les agences «attendaient cette décision et se préparaient à lancer de nombreuses offres compétitives pour le tourisme dans différentes villes tunisiennes qui manquaient aux Algériens», selon un représentant de l’Union.

Première destination des Algériens

Pour sa part, le représentant de l’Office tunisien du tourisme en Algérie, Fouad El Oued, s’est, à son tour, félicité de la décision conjointe d’ouvrir les frontières terrestres aux voyageurs, notant qu’elle donnerait «une grande mobilité commerciale aux zones frontalières ainsi qu’aux zones touristiques en Tunisie», un pays qui reste, a-t-il ajouté, «la première destination des Algériens». Dans ce sens, il n’a pas manqué de relever que «94% des Algériens qui visitent la Tunisie préfèrent entrer par voie terrestre».
Il a indiqué qu’«il y a une forte demande de réservations dans les hôtels tunisiens par les Algériens après l’annonce de la décision d’ouvrir les frontières terrestres aux voyageurs entre la Tunisie et l’Algérie». Ce constat a été fait, a-t-il dit, après avoir été «en contact et en coordination avec l’Office du tourisme tunisien et l’Office du tourisme algérien depuis l’annonce de la décision de l’ouverture des frontières». Le représentant de l’Office tunisien du tourisme en Algérie a, toutefois, rassuré les potentiels voyageurs en affirmant que «la Tunisie est tout à fait prête à recevoir les Algériens après une fermeture des frontières qui a duré plus de deux années».
Abordant le volet des préparatifs effectués par les autorités tunisiennes pour recevoir les Algériens, notamment à travers les points de passage frontaliers terrestres, il a déclaré que «tout est prêt pour recevoir les frères algériens dans les meilleures conditions». En somme, la Tunisie est prête pour cet événement tant attendu, sachant qu’en juin dernier déjà, les agences de voyage ont organisé une journée spécialement dédiée au tourisme avec l’Algérie, au cours de laquelle ils ont appelé à la réouverture des frontières dont ils ont souligné l’importance, afin qu’il puisse y avoir un déplacement en masse des touristes algériens qui sont d’un grand apport pour le tourisme tunisien, notamment durant la saison estivale. Les frontières terrestres algéro-tunisiennes, rappelle-t-on, étaient ouvertes au transport des marchandises seulement. Leur ouverture a été annoncée mardi dernier par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, suite à une décision commune avec son homologue tunisien.