Sans le protocole sanitaire, ni les infrastructures hôtelières ni les agences de voyages ne peuvent tirer profit de la réouverture des plages annoncée lors de la dernière réunion du Haut-conseil de sécurité. Ce protocole, bien qu’il soit annoncé il y a près de trois mois, n’est toujours pas validé par le ministère de la Santé pour des raisons inconnues, d’après la Fédération nationale des agences de voyages (Fnat). «Jusqu’à présent, ce protocole n’est pas officiel. Nous savons ce qu’il comporte, mais tant que ce n’est pas validé, nous ne pouvons pas l’appliquer. Or, sans ce protocole, les agences de voyages ne peuvent pas élaborer de plans de travail», explique le chargé de la communication de la Fnat, Mawlid Youbi.
La réouverture des plages, selon lui, est une opportunité pour les agences de voyages de faire des recettes et rattraper la saison estivale via le tourisme national, la location d’appartements, de bungalows et de chambres d’hôtel en bord de mer… «On nous autorise à reprendre nos activités, mais sans nous le permettre vraiment s’il n’y a pas de nouvelles mesures. Sans le protocole sanitaire et sans la réouverture des frontières et sans les déplacements interwilayas, comment pouvons-nous travailler ? Que pouvons-nous proposer à nos clients si ces derniers ne peuvent accéder ni au going ni au tourisme local ?», se demandent les opérateurs d’agences de voyages.
Les infrastructures hôtelières jugent également nécessaire la validation du protocole sanitaire pour l’exploitation des plages. «Nous pouvons contrôler les clients à l’intérieur des hôtels, les obliger à se soumettre aux mesures de prévention au niveau des plages, ce sera difficile. Ce sera, en fait, une première pour nous. Nous allons devoir contrôler des milliers d’estivants qui ne se soucient pas tous du port du masque ou de la distanciation sociale !», signalent des hôteliers qui attendent davantage de détails de la part des pouvoirs publics sur cette question.
Les hôteliers ne savent pas, par exemple, s’il faudra réduire le nombre des estivants au niveau des plages qui sont, d’habitude, surpeuplées. «Les gens sont confinés depuis des mois et tous aspirent à plus de liberté. On s’attend donc à ce que les plages soient envahies. Mais quelles sont les limites à ne pas dépasser ? Faut-il laisser submerger nos plages où bien réduire le nombre d’estivants ? Tout cela, nous ne la savons pas encore», confient-ils, soulignant qu’ils ne savent pas non plus s’ils sont autorisés à rouvrir les piscines.
La demande sur les complexes balnéaires ne manque pas, selon eux. Chaque jour, confient-ils, ils sont obligés de renvoyer des estivants qui veulent profiter de la mer, sans se soucier des interdictions. «Cela nous fait mal au cœur de les repousser, les jeunes estivants qui n’ont que la plage comme source de loisir en été. Mais nous sommes obligés de le faire. La réouverture des plages va nous permettre de booster nos activités et diversifier nos sources financières. Tant que les frontières terrestres, maritimes et aériennes sont fermées, nous sommes sûrs que la demande sera orientée vers le tourisme balnéaire interne. Ce qui est une bonne chose pour nous», estiment les hôteliers.
Le maintien de la fermeture des frontières terrestres, maritimes et aériennes est une aubaine surtout pour les complexes touristiques publics dont la plupart des chambres et des bungalows sont d’habitude en cette période loués par des entreprises au profit de leurs employés. Comme ces dernières sont en difficultés, les hôtels publics ne peuvent tirer profit des œuvres sociales et sont donc obligés de se tourner vers les particuliers. Pour attirer davantage ces derniers, des hôteliers publics envisagent de baisser leurs prix. «A condition que nous soyons autorisés à exploiter 100% de nos capacités. Si nous sommes limités à 50%, nous ne pourrons pas réduire nos prix, nous serons perdants sinon», révèlent-ils.