A moins d’une semaine de l’ouverture graduelle des plages et autres espaces de détente et de loisirs, ainsi que des lieux de culte, des protocoles sanitaires de prévention et de protection propres à chaque activité sont annoncés pour accompagner cette ouverture afin d’endiguer la propagation de l’épidémie du nouveau coronavirus (Covid-19).

Le grand défi reste, au-delà de la mise en place des protocoles et autres mesures de prévention, le degré de leur respect étant donné que l’ensemble des lieux, qui seront ouverts à partir de samedi prochain, sont connus pour être à forte fréquentation par la population, que ce soit les plages, les hôtels, les restaurants, les cafés ou encore les mosquées.
Pour ces dernières, il s’agit de l’ouverture d’«environ 4.000 mosquées, d’une capacité de plus de 1.000 fidèles et réunissant les conditions de prévention, recensées à travers le territoire national», a indiqué, hier, le ministre des Affaires religieuses et des Waqfs, Dr Youcef Belmahdi, estimant que «le respect des protocoles sanitaires au sein de ces lieux de culte constitue un défi». En effet, la réouverture des mosquées de 1.000 fidèles et plus, dans un premier temps, est soumise à des conditions rigoureuses. L’application du protocole sanitaire à l’intérieur des mosquées s’effectuera «sous la tutelle du ministère des Affaires religieuses et sous la houlette du wali, en sa qualité de premier responsable au niveau local et de président de la Commission de wilaya qui veille à l’application et au contrôle de toutes les opérations d’ouverture dans tous les autres secteurs aussi», a encore affirmé Dr Belmahdi, lors de son intervention à la Radio nationale.
Pour mener à bien l’ouverture des mosquées, il estime que «l’application du protocole sanitaire n’est pas seulement liée au ministère des Affaires religieuses, mais il y aura aussi la société civile qui va intervenir avec des volontaires». «C’est grâce à la conjugaison des efforts que nous atteindrons des résultats satisfaisants», a-t-il conclu. La Commission de la fetwa a plaidé dans le même sens, appelant, hier, dans un communiqué, à la «discipline» et à des «opérations de sensibilisation pour préparer les fidèles et mener à bien l’ouverture progressive des mosquées», le but étant d’«éviter aux mosquées de se transformer en foyers de contamination au Covid-19, sous peine de procéder à nouveau à la suspension des prières collectives», a-t-elle averti. Il y a lieu de rappeler que parmi les conditions de réouverture des mosquées, on trouve le «port obligatoire du masque de protection, l’utilisation de tapis de prière personnel et le respect de la distanciation physique entre les fidèles d’au moins un mètre et demi». Il y a, également, «l’organisation des accès de façon à respecter l’espacement et la distance physique, ainsi que l’aménagement de l’entrée et de la sortie selon un sens unique de circulation pour éviter les croisements des fidèles, la mise à la disposition des fidèles du gel hydro-alcoolique, l’interdiction de l’utilisation des climatiseurs et des ventilateurs, l’aération naturelle et la désinfection régulière des mosquées, l’affichage des mesures barrières et de prévention», de même que «l’accès à la mosquée demeure soumis au contrôle préalable au moyen d’appareils thermiques».

Moindre risque de contamination dans les endroits aérés
L’accès aux plages requiert, lui aussi, des conditions et devra s’effectuer selon un protocole sanitaire dont l’application sur le terrain est tout aussi souhaitable et souhaitée. Le Professeur Mohamed Belhocine, membre du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de coronavirus, a affirmé qu’il y a «moins de risque d’être contaminé par le Covid-19 dans les espaces aérés que dans les espaces fermés». Le problème se situe dans «le confinement, surtout lorsqu’il s’agit d’un endroit climatisé», sachant que «le climatiseur refroidit l’air ambiant et le redistribue dans la salle, parfois sur le visage-même des personnes présentes», a-t-il déclaré sur les ondes de la Radio nationale.
Le Pr Belhocine a, toutefois, insisté que même au niveau des plages et bien que celles-ci sont en plein air, il est «indispensable de se conformer aux mesures de prévention, de porter son masque et de maintenir la distanciation physique». Concernant le protocole sanitaire au niveau des plages, les autorités ont cité ««le port obligatoire du masque de protection, le respect de la distanciation physique d’au moins un mètre et demi, l’affichage des mesures barrières et de prévention aux différents points d’accès des lieux, l’organisation de lieux adéquats pour le stationnement des véhicules, le contrôle préalable par les éléments de la Protection de civile si nécessaire, de la température des estivants au niveau des accès des plages au moyen d’appareils thermiques et la mise à disposition de bacs dédiés à recueillir les masques, gants ou mouchoirs usagés». D’autres mesures spécifiques sont également mises en place pour les hôtels, restaurants et cafés.
Si le côté théorique est bien clair, son application sur le terrain reste une inconnue dont la réponse ne peut être connue qu’à partir de la semaine prochaine, soit à partir de samedi 15 août, date de la réouverture graduelle des sites et de la reprise des activités susmentionnées. Respecter les mesures de prévention et les faire respecter nécessitera, sans aucun doute, une grande mobilisation, notamment, des services de sécurité et de la Protection civile dans nombre d’endroits qui seront ouverts et où la responsabilité du respect des protocoles sanitaires et gestes barrières incombera aussi aux responsables des lieux comme les cafés, les hôtels, restaurants. Seront-ils en mesure de faire face au grand afflux attendu des citoyens ? La question reste posée si l’on se fie à ce qui s’est passé dès la reprise de certaines activités et l’ouverture de nombre de commerces et autres magasins d’habillement et chaussures en mai dernier. Il y a lieu de noter que les cérémonies de mariage et autres au niveau des salles des fêtes, hôtels et restaurants, resteront « strictement interdites jusqu’à ce que les conditions favorables soient réunies », avait indiqué le Premier ministère. n