L’activité a repris depuis hier soir sur les quais après une grève de 20 jours qui a paralysé le trafic et mis à mal l’économie locale déjà fortement impactée par la crise sanitaire. Le dénouement de la crise est survenu après un accord entre la direction générale de l’enceinte portuaire et le syndicat avec le concours de la centrale UGTA et sa Fédération nationale des travailleurs des ports algériens (SNTPA).

En effet, le dénouement a été acté dans l’après-midi d’hier suite à l’accord conclu entre la Direction générale et la section syndicale, avec le concours de l’UGTA, dans ses différents démembrements, et la Fédération nationale des travailleurs des ports algériens (SNTPA). L’accord a ainsi mis fin à une situation conflictuelle entre la direction de l’EPB et la section syndicale qui a paralysé l’activité portuaire pendant trois semaines avec des conséquences socio-économiques importantes.
Cet accord a dû cependant attendre la délibération de la justice qui a déclaré «illégal» le débrayage des travailleurs qui tenaient à leurs revendications, notamment celle portant sur le départ du premier responsable de l’Entreprise portuaire de Béjaïa.
Contacté par Reporters, le P-DG de l’EPB, Halim Kasmi, a fait part de sa satisfaction suite à ce dénouement qui permet au site portuaire important pour l’économie nationale de retrouver son habituelle activité. «Tout d’abord, je suis content que la justice se prononce diligemment sur le caractère illégal de ce débrayage qui a duré 20 jours et mis en danger l’économie de toute une région. Au vu des désagréments occasionnés sur les opérateurs économiques ayant eu des navires en transit sur le port de Béjaïa, nous avons maintenant le moyen de faire face aux réclamations éventuelles», a indiqué le responsable. M. Kasmi précisera, quant à la persistance de la crise durant trois semaines, qu’il «ne s’agit pas d’une mauvaise gestion du conflit, car si le débrayage était conforme aux dispositions légales, nous n’aurions pas eu à vivre une situation aussi extrême, notamment par la déclinaison d’un service minimum conformément aux articles 37, 38 et 39 chapitre II, du code du travail». Interrogé sur la portée de l’avis du juge, il a expliqué que «la décision de justice est très dissuasive, mais sachez que cette requête n’a été introduite que 13 jours après l’entame du débrayage. Preuve que nous avons prôné un dénouement par le dialogue et la concertation. C’est lorsque les voies du dialogue se sont avérées infructueuses, que nous avons décidé de recourir à la justice».
Le premier responsable du port de Béjaïa a mis par ailleurs en exergue les efforts consentis par le secrétaire général de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), Salim Labatcha, qui se trouvait hier dans la capitale des Hammadites. «M. Labatcha a fait un travail d’apaisement et de médiation qui a renforcé le sentiment très fort que le port devait redémarrer au plus vite et réduire au mieux l’impact négatif sur l’activité du port», a souligné M. Kasmi. «Je suis sûr que la conscience collective des travailleurs ira dans le sens de la reprise immédiate du travail, et ce, dès dimanche soir», a ajouté M. Kasmi qui fait état d’un accueil «favorable» auprès des travailleurs pour ce dénouement. Ce qu’a confirmé le syndicat des travailleurs de l’EPB dans un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux, dans lequel il est fait état de la suspension de la grève entamée le 20 juillet dernier.
Une séance de travail s’est tenue, ce dimanche à 10H, au siège de la Direction générale entre le PDG de l’entreprise et le secrétaire général de l’UGTA, précise le même communiqué, ajoutant que suite à cette réunion, il a été décidé «la reprise sans délai du travail, la levée des sanctions administratives et judiciaires, le rappel des primes variables…».
Dans notre édition de samedi, le PDG de l’entreprise portuaire de Béjaïa, Halim Kasmi, a estimé le manque à gagner, conséquence de cette grève, à 600 millions de dinars et une facture de surestaries qui dépasse 1 million de dollars.<