Par Sihem Bounabi
Une cinquantaine de plaintes dénonçant les pratiques illicites de certains distributeurs, telles que la vente concomitante, a été déposée par les pharmaciens d’officine à l’adresse mail requetemedic@miph.gov.dz mise à leur disposition par le ministère de l’Industrie pharmaceutique, selon un communiqué du ministère qui précise que ces plaintes «sont actuellement prises en charge par l’Inspection générale du ministère».
Il est également souligné que les équipes relevant de l’Inspection générale du ministère et des brigades mixtes du ministère du Commerce ont effectué, durant la période allant du 13 au 17 février en cours, 15 visites d’établissements pharmaceutiques de distribution dans le Centre, l’Est et l’Ouest du pays, dans le cadre de la lutte contre les pratiques illégales de spéculation, de rétention ou de ventes concomitantes.
Lors de ces visites d’inspection, «il a été constaté un respect satisfaisant des dispositions de la réquisition du 18 janvier 2022», visant à garantir la disponibilité et l’approvisionnement continu des officines en produits pharmaceutiques inscrits au protocole thérapeutique Covid-19.
Pour rappel, c’est suite à la polémique d’une forte tension sur les médicaments entrant dans le protocole thérapeutique du traitement de la Covid-19, notamment une rupture du Paracétamol et de l’Enoxaparine, malgré l’intensification de la production nationale réquisitionnée, que le ministère de l’Industrie pharmaceutique a lancé, au début de l’année, une série d’inspections par les brigade mixtes avec le ministère du Commerce afin de lutter contre les pratiques illicites de rétention, de spéculation ou de ventes concomitante certains distributeurs.
Suite à ce programme d’inspection, au moins 20 mises en demeure avaient été adressées à des établissements pharmaceutiques de distribution pour rétention de médicaments.
Il a été également procédé à la fermeture provisoire de 2 d’établissements pharmaceutiques de distribution, l’un à Constantine et l’autre à Alger, pour «non-respect de l’obligation de mise à la disposition des officines de toutes les quantités disponibles en stock, dans un délai maximum de 48 heures ainsi que pour pratique commerciale illégale, à savoir la vente concomitante et celle par packs».
Suite à cette campagne d’inspection ciblant les distributeurs, présentés comme responsables des tensions sur les médicaments, l’Association des distributeurs pharmaceutiques algériens (Adpha) a récusé, au début de ce mois de février, les accusations ciblant toute une corporation. L’Adpha a ainsi souligné, dans un communiqué public, qu’elle était «légitimement préoccupée par toute une série d’accusations infondées qui tendent à rendre les grossistes répartiteurs responsables des dernières perturbations ayant touché le marché interne de médicaments, notamment ceux en rapport avec les protocoles de traitement de la pandémie» tout en assurant «la mobilisation de ses membres pour l’approvisionnement régulier et équitable du marché du médicament».
28 février, ultimatum pour la mise en conformité des distributeurs
Par ailleurs, la Direction de la régulation et des activités pharmaceutique a lancé un appel à tous les établissements pharmaceutiques d’importation et de distribution en gros n’ayant toujours pas déposé leurs dossiers de mises en conformité à se rapprocher dans les plus brefs délais de la sous-direction des activités pharmaceutiques afin de se conformer à la nouvelle réglementation. Il est ainsi précisé dans le communiqué du ministère de l’Industrie pharmaceutique qu’au-delà du 28 février, «aucun agrément autre celui délivré par les services compétents du ministère de l’Industrie pharmaceutique ne sera valable».
En outre, concernant le traitement des dossiers de mise en conformité des agréments des différents établissements pharmaceutiques, les équipes d’inspection ont effectué, également, durant la période du 13 au 17 février, 63 visites dans le cadre du traitement des dossiers de demande d’agrément des différents établissements pharmaceutiques en vue de leur mise en conformité avec les dispositions du décret exécutif n 21-82 relatif aux établissements pharmaceutiques et les conditions de leur agrément. Les équipes ont visité 44 établissements pharmaceutiques de distribution au Centre du pays, 10 à l’Est et 9 à l’Ouest.
La commission technique d’études des dossiers d’agrément, présidée par le Dr Bachir Alouach, directeur des activités pharmaceutiques et de la régulation au ministère de l’Industrie pharmaceutique, a tenu plusieurs réunions périodiques qui ont permis globalement d’examiner et d’évaluer plus de 160 dossiers de demandes de mise en conformité d’agrément.
Pour rappel, afin de mieux réguler le secteur du médicament, le ministère de l’Industrie pharmaceutique a travaillé sur un cahier des charges des distributeurs en gros de produits pharmaceutiques, des médicaments et des dispositifs médicaux comportant une trentaine d’articles. Ce cahier des charges définit ainsi les obligations du distributeur en gros des produits pharmaceutiques et dispositifs médicaux dans l’optique de réguler le secteur afin d’éviter les tensions sur les médicaments et répondre ainsi aux besoins prioritaires de la population.