Par Sihem Bounabi
Le retard dans le versement de la prime Covid aux professionnels de la santé revient encore une fois sur le devant de la scène. En effet, de nombreux syndicats dénoncent le retard dans le versement des 5e et 6e tranches.
Ainsi, malgré les engagements du ministre de la Santé Abderrahmane Benbouzid, pour que ces primes soient versées à temps, surtout dans le contexte de la rentrée sociale exacerbant la paupérisation du pouvoir d’achat. La lourdeur des procédures administratives pèse telle une chape de plomb sur cette bouffée d’oxygène, attendue impatiemment par les professionnels de la santé qui sont au premier rang de la lutte contre la pandémie et qui ont déjà payé un lourd tribut en termes de vies sacrifiées et d’épuisement physique et moral.
Selon les syndicats, malgré les instructions du ministère de la Santé et le courrier du ministère des Finances, et même si les situations de la 5e et de la 6e tranches sont prêtes, selon les directives des services du ministère de la Santé, pour que l’enveloppe financière puisse être dégagée, il faut une dérogation des services du Premier ministère à travers les Finances.
Une fois que cette procédure est accomplie, il faut attendre les instructions de la direction du budget du ministère des Finances qui doit instruire les inspections de wilaya, puis les inspections régionales pour que les primes soient enfin versées aux bénéficiaires qui vivent dans l’urgence malgré l’accalmie qui a suivi la terrible 3e vague de la Covid qui a décimé leurs rangs.
Pour rappel, l’Intersyndicale des professionnels de la santé, dont l’un des représentants, Lyes Merabet, président du Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP), avait dès le début de la pandémie, avec le premier amer constat du retard du versement de la 1re tranche, réclamé qu’elle soit attribuée officiellement au personnel de la santé comme prime spéciale pandémie. Ce qui permettrait administrativement d’alléger le poids des démarches administratives, puisque cette prime serait ainsi classée dans la nomenclature budgétaire des établissements de santé. Par conséquent, le versement de cette prime est toujours conditionné par l’aval du Premier ministère et les autorisations du ministère des Finances, d’où la multiplication des retards observés dans le versement des primes qui exaspère les professionnels de la santé qui sont déjà laminés par la lutte contre le coronavirus.
Pour rappel, au mois d’avril dernier, à bout de patience, l’Intersyndicale des professionnels de la santé, composée des médecins hospitalo-universitaires, des praticiens de la santé publique et des paramédicaux, avait organisé une journée de grève pour dénoncer le non-versement des primes Covid. Au début de ce mois de septembre, la grogne a atteint d’autres corps de la santé, dont les médecins anesthésistes et le ton continue de monter de plus en plus ces derniers jours, avec les prémices d’un nouveau débrayage face aux cumuls des revendications socioprofessionnelles non satisfaites, dont la prime Covid n’est que le sommet de l’iceberg.
Le ministre de la Santé avait déjà à l’époque reconnu «le retard» dans le versement de la prime Covid en soulignant : «Nous avons engagé des démarches, le Premier ministre a instruit le ministère des Finances et tout est réglé, donc la prime Covid-19 va être attribuée très rapidement.» En précisant que «c’est une question de démarches administratives, l’essentiel est que c’est réglé».
Pour rappel, la prime exceptionnelle Covid-19 a été décidée par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui avait annoncé, le 31 mars 2020, avoir signé un décret instituant l’octroi d’une prime exceptionnelle au profit des personnels des structures et établissements publics relevant du secteur de la santé, mobilisés dans le cadre de la prévention et de la lutte contre la propagation du coronavirus. n