Mars tire à sa fin et les doses de vaccins anti-Covid-19 attendues durant ce mois, et surtout au début du mois, ne sont toujours pas arrivées. Il s’agit notamment des vaccins AstraZeneca que les responsables du ministère de la Santé ont annoncés à plusieurs reprises. Mais pourquoi tout ce retard ? Une question qui reste posée dans le contexte mondial actuel de la pandémie caractérisé par une course à l’antidote et une grande pression sur les laboratoires fabricants. En l’absence de réponses claires, les Algériens désireux de se faire vacciner restent dans l’expectative.

PAR INES DALI
D’abord annoncé pour la fin de février, l’arrivage du vaccin suédo-britannique a ensuite été repoussé à la première semaine de mars. Il s’agit d’une quantité que l’Algérie devait recevoir dans le cadre de l’initiative onusienne Covax chapeautée par l’Organisation mondiale de la santé. «Le quota de vaccins réservé à l’Algérie par le programme Covax au premier trimestre de cette année est de 2.880.000 doses dont 35% estimée entre 700.000 et 800.000 doses du vaccin AstraZeneca» devaient être livrées le mois en cours, selon les responsables du ministère de la Santé. D’autres quantités de différents vaccins totalisant entre 1,6 et 1,8 million de doses ont également été annoncées pour le mois courant dans le cadre du système Covax.
L’«amer constat», comme le qualifient plusieurs spécialistes du secteur de la santé, est que jusqu’à présent, ces quantités annoncées ne sont toujours pas arrivées en Algérie. Une situation qui n’est pas sans effet sur le rythme de la vaccination qualifié de «lent», et ce, alors que la situation épidémique du pays, qui reste, malgré tout, «maîtrisable» et connait une «relative stabilité», incite à intensifier la cadence vaccinale. «Ce moment d’accalmie de la pandémie dans le pays est propice à la vaccination. Il y a un nombre de contaminations bas et il faut saisir cette situation pour vacciner le plus possible pour avoir une plus grande immunité», ont affirmé différents professionnels de la santé qui se sont exprimés sur le sujet.
Le pays n’a reçu qu’un total de 300.000 doses de vaccins anticoronavirus et le tiers était déjà consommé la première semaine de mars. «Toutes les doses des vaccins qui ont été importées, à ce jour, ont été administrées, à l’exception de quantités du vaccin chinois», avait fait savoir le 8 mars dernier le porte-parole du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de coronavirus, Dr Djamel Fourar. En d’autres termes, les 100.000 doses importées et constituées de 50.000 doses de Spoutnik V et de 50.000 autres doses d’AstraZeneca-Oxford ont été épuisées. Il ne reste que le vaccin chinois Sinopharm dont l’Algérie a reçu 200.000 doses dont la distribution a commencé en mars. Pour l’heure, il n’y a pas de précisions sur la quantité de cet antidote distribuée et consommée.

Rythme lent de vaccination et transparence
L’augmentation du rythme de la vaccination reste, ainsi, «tributaire de la disponibilité des vaccins» sur lesquels une course sans pareille est engagée à travers la planète. Bien plus. C’est même une véritable bataille qu’ont engagée certains pays afin de se procurer l’anticoronavirus par tous les moyens possibles. Il y a une très forte pression sur les fabricants, notamment sur le laboratoire anglo-suédois AstraZeneca dont l’Algérie doit recevoir des doses de vaccins. Ce producteur se trouve avoir des difficultés notamment en Europe où il a fait état de problèmes de production ne lui permettant pas de respecter les délais de livraisons. Ce qui lui a valu une mise en garde de la Commission européenne qui, la semaine dernière, l’a «menacé de bloquer les exportations du vaccin contre le Covid-19 si l’Europe ne recevait pas d’abord les livraisons prévues dans son contrat», a rapporté la presse européenne.
La situation de retard dans la disponibilité du vaccin en Algérie était prévisible du moment où les difficultés du principal producteur auprès duquel elle devait s’approvisionner en ce mois de mars sont apparues bien avant la semaine dernière. Il convient de souligner que «le vaccin AstraZeneca-Oxford est celui qui présente le meilleur rapport qualité/prix et c’est le vaccin le moins cher sur le marché», nous a confié un spécialiste. On ne sait toujours pas quand les doses de cet antidote que le pays devait acquérir dans le cadre du système Covax pourraient être livrées. Il reste la piste du cadre bilatéral, à savoir les négociations notamment avec les producteurs russe et chinois. Mais là encore, on ignore où en sont ces négociations. Les Algériens désireux recevoir l’antidote et dont le nombre d’inscrits sur la plateforme numérique dédiée a largement dépassé les vingt-milles sont dans l’expectative et c’est le rôle des pouvoirs publics, à leur tête les autorités sanitaires, de leur donner des explications sur le retard mis dans la réception des vaccins. L’appel des professionnels de la santé à plus de communication et, surtout, à une transparence dans la communication trouve tout son sens, dans la mesure où même-eux se disent déroutés par le silence des autorités. Pour rappel, l’Algérie a reçu un total de 300.000 doses de vaccins constitué de 50.000 doses du vaccin russe Spoutnik V reçues le 29 janvier, de 50.000 doses du vaccin d’AstraZeneca reçu le premier février et 200.000 doses sous forme de don du vaccin chinois Sinopharm reçues le 24 février.