Le protocole thérapeutique à base de Chloroquine contre le nouveau coronavirus a montré son efficacité sur certains patients. Les résultats sont encourageants, s’accordent à dire les professeurs en charge des services ayant pris en charge les malades atteints de Covid-19 et auxquels a été administré le traitement à l’hydroxychloroquine.

Joint à ce propos, Dr Mohamed Bekkat Berkani, membre du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie du coronavirus, a déclaré que «les premiers résultats sont encourageants», rappelant que le Comité a décidé d’utiliser la Chloroquine pour tous les cas positifs, avec ou sans symptômes. Plus de 400 personnes atteintes de coronavirus sont actuellement sous ce traitement.»
«Apparemment, les premiers résultats sont encourageants et il n’y a pas que les nôtres d’ailleurs», a ajouté Dr Bekkat Berkani, illustrant son propos par l’exemple de «la région de Marseille dans des hôpitaux universitaires, où il y a près de 1 500 personnes sous Chloroquine et qui se portent très bien, sous les équipes du Pr Didier Raoult».
Mais l’utilisation de la Chloroquine pour combattre la pandémie de Covid-19 est encore très récente, raison pour laquelle il faut encore attendre un peu de temps pour pouvoir se prononcer de façon définitive sur ce traitement même si son efficacité commence à être prouvée, selon le membre du Comité scientifique de suivi. «Maintenant, il nous faut du recul, il faut attendre encore une semaine par rapport au retour de la négativation de la charge virale», a expliqué Dr Bekkat Berkani.
C’est ce qu’affirme également Dr Mohamed Yousfi, chef de service infectiologie à l’hôpital de Boufarik, qui a fait savoir que «les malades sont déclarés guéris et sortent de l’hôpital après le retour de la charge virale négative». Certains malades traités à l’hydroxychloroquine au niveau de cet hôpital sont déjà rentrés chez eux, en attendant les résultats pour les autres, a-t-il encore indiqué. Ce sont les premiers malades qui ont subi le protocole de traitement à la Chloroquine le soir du 23 mars dernier et ce, dès sa validation par le Comité scientifique. Il convient de noter que l’utilisation du protocole s’est faite de suite au niveau des hôpitaux de Boufarik (Blida) et d’El Kettar (Alger), vu que ces établissements comptaient le plus grand nombre de malades atteints par le Covid-19. Par la suite, le traitement a été généralisé dans les autres établissements hospitaliers accueillant les cas de contamination. Ainsi, à l’hôpital d’El Kettar, près d’une vingtaine de malades traités à la chloroquine, depuis le 23 mars également, sont guéris et ont quitté l’hôpital ce week-end, selon la responsable du service infectiologie le Pr Nassima Achour.
Le même optimisme est observé dans la wilaya d’Oran, où le service des maladies infectieuses du CHU d’Oran, qui a entamé il y a une dizaine de jours le protocole de traitement des cas de coronavirus avec de la chloroquine, commence à avoir des résultats «encourageants pour la plupart des cas traités à la Chroloquine», selon la chef de ce service, le Pr Mouffok Nadjet. Son service qui prend en charge plus que la moitié des cas avérés du coronavirus dans la wilaya, a «libéré vendredi déjà, les trois premiers cas complètement guéris du coronavirus», a-t-elle révélé, soulignant que «l’ensemble des patients pris en charge au niveau du service se portent bien». Même les cas arrivés au service dans un état grave se rétablissement petit à petit, rassure-t-elle, exprimant un grand soulagement qu’aucun décès n’a été enregistré au niveau de son service depuis le début de l’épidémie.
Le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abderrahmane Bebouzid, avait lui aussi indiqué, dès jeudi dernier, que «les données sanitaires et les études menées par les experts sur l’utilisation du protocole à base de Chloroquine en association avec des antibiotiques, font état d’indicateurs satisfaisants».
«On a remarqué une évolution dans le monde après l’usage de l’hydroxychloroquine. De nombreux pays l’utilisent maintenant, dont les Etats-Unis, la France, l’Italie, parfois associé à un antibiotique, en fonction de la gravité de l’atteinte. L’utilisation de ce protocole de traitement à la Chloroquine est notre seule arme maintenant», a conclu Dr Bekkat Berkani.