«Nous avons essayé d’expliquer que l’effet du vide va remettre sur scène les partis de l’ancien pouvoir. Que chacun assume ses responsabilités.»

Par Sihem Bounabi
Les premiers résultats partiels publiés par l’Autorité électorale nationale indépendante (ANIE), notamment au niveau des wilayas, ainsi que ceux du dépouillement du scrutin législatif font ressortir que le nouveau visage de l’Assemblée populaire nationale (APN) serait partagé par cinq blocs parlementaires.
En effet, en attendant les résultats définitifs, les partis qui émergent sont le Front de libération nationale (FLN), le Mouvement de la Société pour la paix (MSP), le Rassemblement national démocratique (RND), El Bina et El Moustakbel, alors que le reste des partis n’a pas réussi à former un bloc parlementaire en obtenant un nombre limité de places.
Pour sa part, le parti Jil Jadid qui, à contre-courant de nombreux autres partis progressistes, avait fait le choix de participer à cette élection malgré les appels au boycott, a pour le moment, selon les premiers résultats, décroché un seul siège à El Oued. Le porte-parole de la campagne et chargé de la communication de Jil Jadid, Habib Brahmia, nous déclare à ce propos : «A Jil Jadid, nous n’avons pas tous les chiffres qui nous permettent de donner un résultat définitif. Pour le moment, on est en train de récolter les informations pour connaître exactement le nombre de sièges que l’on a décrochés, mais c’est vrai que la tendance actuelle n‘est pas très positive.»
Reconnaissant ainsi que les premiers résultats de ce dépouillement démontrent qu’ils n’ont pas suivi la mobilisation de Jil Jadid sur le terrain. Il souligne à ce propos : «Je pense qu’on a fait une bonne campagne, on a bien présenté notre projet qui est moderniste, avec une composante de listes de très bons niveaux avec beaucoup de jeunes et d’universitaires, malheureusement, pour beaucoup de ceux qui auraient eu la possibilité de voter pour nous, considèrent que le boycott était une meilleure solution.»
Il souligne à ce sujet que «chacun assume ses choix et ceux qui ont boycotté doivent assumer les conséquences de ce boycott. Jil Jadid assume le choix d’avoir participé à cette élection. On espère que cela ne devienne pas contre-productif pour l’Algérie et les courants démocratiques». Le porte-parole de campagne tient à défendre le choix de participer aux élections législatives en affirmant : «Ce qui est certain, c’est que Jil Jadid est un parti qui a défendu ses convictions, ses visions et sa solution pour aller vers un Etat de droit.» Il précise que «nous avons essayé d’expliquer aux gens que l’effet du vide va remettre sur scène les partis de l’ancien pouvoir. C’est aux Algériens aussi d’assumer leur responsabilité pour voir qu’elle aurait été la meilleure solution pour faire en sorte que les revendications du Hirak et des Algériens arrivent aux institutions».
Malgré le constat amer des premiers résultat de ces législatives qui ne sont pas très brillants pour Jil Jadil, Habib Brahmia insiste sur le fait que le parti de Jil Jadid continuera à militer sur le terrain, en soulignant que «même si on est minoritaires, on continuera à défendre nos convictions, à défendre ce que l’on pense être juste et on se prépare d’ores et déjà pour les prochaines échéances».
Il conclut : «Nos militants sont convaincus que le changement doit être construit et qu’il faut le construire sur le terrain. Si les Algériens veulent voir leurs revendications et leurs aspirations se réaliser sur le terrain, ils doivent s’organiser sur le terrain, que ce soit au niveau de Jil Jadid ou dans d’autres partis. Mais il ne faut surtout pas laisser le vide occupé par les partis de l’ancien système. En plus du Parlement, il faut prendre dès maintenant conscience des prochaines élections des APC et des APW». n