Les importations de biens et marchandises sont reparties à la hausse au deuxième trimestre de l’année en cours, en sortie d’une crise pandémique qui aura mis le commerce mondial à genoux et certains secteurs de l’économie nationale en difficulté, fautes d’intrants.

Par Hakim Ould Mohamed
Les données diffusées mardi soir par l’Office national des statistiques montrent, en effet, le retour des tendances haussières sur la courbe des importations. Au 2e trimestre de l’année en cours, les importations de biens et services ont ainsi enregistré une croissance en volume de 3,7% contre une baisse de -22,3% au cours de la même période de 2020. L’ONS explique que cette augmentation est due plutôt à la hausse des importations de marchandises de 3,8% et les importations de services (+3,6%). Selon l’organisme officiel chargé des statistiques économiques, cette tendance haussière a concerné aussi la dépense intérieure brute qui a connu une hausse de 5,6% en volume durant la période de référence, contre une baisse de 14,8% au cours du deuxième trimestre 2020. Cela signifie qu’à l’issue d’une année 2020 marquée par la baisse des l’ensemble des fondamentaux du commerce extérieur de l’Algérie, aussi bien au chapitre des importations que celui des exportations, les mouvements haussiers sont de retour et risquent de se poursuivre compte tenu des besoins de l’économie nationale, à la recherche d’une nouvelle dynamique de croissance. Si au chapitre des exportations la hausse s’explique essentiellement par l’augmentation des prix du pétrole sur le marché mondial, la hausse, en volume, des importations peut s’expliquer, elle, par un retour à la normale de l’activité du commerce extérieur mondial – et l’Algérie ne peut être à la marge de cette dynamique mondiale -, mais aussi aux besoins de l’économie nationale en biens et services, dans un contexte marqué par la recherche désespérée d’un retour de la croissance. L’Office national des statistiques souligne à juste titre que cette amélioration des indicateurs a également caractérisé les exportations de biens et services qui ont enregistré une hausse en volume de 10,2% au deuxième trimestre 2021. Une augmentation tirée par la hausse du volume des exportations des hydrocarbures (+10,3%) et les exportations des autres biens (+44,8%), alors que les exportations des services ont reculé de 7,1%.

Bilan mitigé
Néanmoins, au chapitre des importations, force est de constater qu’au vu des données fournies par l’ONS, la politique du gouvernement en matière d’encadrement du commerce extérieur a eu des résultats mitigés jusqu’ici, en attendant la consolidation des chiffres à la fin de l’actuel exercice. C’est aux travers de plusieurs mesures administratives et bancaires que le gouvernement compte réduire la facture d’importation, responsable, en partie, des déficits de la balance commerciale de ces dernières années et, plus globalement, de ceux de la balance des paiements. Il s’agit, entre autres mesures, du contrôle de la conformité des entreprises d’importations avec le code fiscal et douanier, l’exclusion des opérateurs, dont les déclarations fiscales ne sont pas à jour, vérification, en amont, de la situation fiscale des personnes physiques et morales investies dans les métiers d’importation, suspension des domiciliations bancaires pour de nombreux produits et consommables figurant notamment dans la branche «divers». Ces dispositions se sont traduites jusqu’ici par un effet limité, puisque les importations sont reparties à la hausse cette année, même si l’ONS s’est bien gardé d’occulter la valeur des marchandises et services importés durant le second trimestre de cette année. En tout cas, dans sa feuille budgétaire du prochain exercice, validée, hier, par les parlementaires de la chambre basse, le gouvernement compte réduire substantiellement les importations, pariant sur une baisse de 5,4% en 2022 pour atteindre 31,8 milliards de dollars. Ce repli permettrait à la balance commerciale de réaliser son équilibre en 2022. Ainsi, la balance commerciale devrait passer dès 2022 d’une situation de déficit quasi-chronique à un excédent de 1,3 milliard de dollars en 2023 et de 0,7 milliard de dollar en 2024 grâce à la hausse progressive des exportations et la baisse des importations. Par ailleurs, l’Office national des statistiques a indiqué dans son bilan trimestriel, communiqué mardi, que de mai à juin 2021, la dépense de consommation finale totale a augmenté de 5,3%. Ainsi, la consommation finale des ménages a affiché une croissance de 7,1% et celle des administrations publiques de +1,3%. Au deuxième trimestre 2021, l’investissement (formation brute du capital fixe) a affiché une «forte hausse» de 25,8% contre une diminution de 15,9% au cours de la même période de 2020. Le redressement des chiffres peut s’expliquer par un semblant de retour à la normale à l’issue d’une année 2020 qui aura été chaotique à tous les niveaux.