Le vice-président exécutif, chargé des affaires internationales de la Chambre de commerce des États-Unis, Myron Brilliant, a critiqué, hier, les mesures dites d’encadrement des importations mises en place par le gouvernement depuis janvier 2018.

Lors d’un point de presse animé, hier, dans les locaux de l’ambassade américaine à Alger, Myron Brilliant n’est pas allé par quatre chemins pour qualifier de « politique restrictive » lesdites mesures, mises en application, faut-il le rappeler, dans le but de desserrer l’étau sur le budget de l’Etat qui peine décidément à soutenir une facture d’importation jugée trop pesante en ces temps de tensions financières. Au sujet des taxes douanières ainsi que des produits suspendus à l’importation, « la Chambre de commerce américaine ne soutient pas ce type de politiques restrictives car elles n’encouragent pas l’investissement étranger, freine l’innovation et l’entrée de nouvelles technologies », indique le responsable américain, en visite en Algérie durant laquelle il a eu à s’entretenir avec plusieurs responsables et ministres. A une autre question qui évoquait d’éventuels écueils contre lesquels butaient des investissements américains en Algérie, Myron Brilliant, sans réserves et faux-fuyants, a cité la loi 49/51 et la liste d’interdiction d’importation établie par le gouvernement. Cette dernière nuit, selon lui, non seulement aux entreprises étrangères, mais aussi eux entreprises locales qui importent de la matière première. Il s’est dit ainsi stupéfié par cette « politique restrictive » que l’Union européenne avait qualifiée de contraire aux principes de libre-échange, le responsable de la chambre de commerce des Etats-Unis garde néanmoins bon espoir que les choses puissent avancer dans le sens positif. « Nous avons obtenu des signaux positifs du gouvernement à propos des réformes ». Il a également assuré que l’organisme qu’il représente comprend l’attitude du gouvernement algérien qui tend à lutter contre la détérioration des comptes extérieurs du pays. Depuis janvier dernier, faut-il le rappeler, de nouvelles restrictions à l’importation ont fait leur apparition, en substitution aux licences qualifiées d’inefficaces après trois ans de mise en œuvre. Le nouvel arsenal de mesures mis en place depuis le début de l’année repose sur trois piliers essentiels ; des mesures à caractère tarifaire prévues par les dispositions de la loi de finances pour 2018, dont l’élargissement de la liste des marchandises soumises à la taxe intérieure de consommation (TIC) au taux de 30%, pour 10 familles de produits finis ainsi que le relèvement des droits de douane pour 32 familles de produits finis ; des mesures à caractère quantitatif, dont la suspension provisoire à l’importation de 45 familles de produits finis et la mise en place d’un contingent quantitatif pour les véhicules automobiles ; et d’autres dispositions à caractère bancaire et administratif, à l’instar de l’exigence d’une domiciliation bancaire préalable et dont la couverture financière a été portée à 120% du montant de l’opération ainsi que de divers documents relatifs à la qualité des produits importés, voire à une autorisation préalable des instances en charge du commerce extérieur. Quelques mois après leur entrée en vigueur, ces restrictions ont fini par provoquer un tollé parmi les partenaires commerciaux du pays.
L’Union européenne a été la première à critiquer les mesures du gouvernement, y voyant une entrave au libre-échange. Les Etats-Unis ont fait de même, hier, mais laissent entrevoir une « compréhension » quant à l’attitude du gouvernement face à l’aggravation des déficits. «Durant nos réunions avec les responsables algériens, ils ont reconnu qu’il fallait s’ouvrir davantage sur le marché extérieur et diversifier l’économie. Il y a une ambition pour développer l’industrie, le numérique, l’énergie, l’agroalimentaire… Ceci pousse le gouvernement à  s’ouvrir davantage et suivre des politiques adéquates car il doit savoir où il veut aller à l’avenir », souligne Myron Brilliant qui a plaidé pour la facilitation de l’investissement à travers des mesures d’encouragement et d’incitation.