L’Opep et ses partenaires parmi les producteurs non-Opep, dont la Russie, liés par les accords de réduction de l’offre pétrolière, ont observé, en mai, un strict respect des quotas de production de pétrole, lorsque la première partie d’une augmentation progressive de la production est entrée en vigueur.

Par Hakim O. M.
Selon des statistiques communiquées, hier, par des sources de l’Opep+ à l’agence britannique Reuters, l’alliance des pays exportateurs de pétrole Opep et non-Opep, connue sous le nom de l’Opep+, s’est conformée à 115% aux restrictions de la production convenues en mai. Ce chiffre marque une légère progression par rapport à celle d’avril où le taux de conformité aux objectifs de production de l’Opep et ses partenaires avait atteint 114%. Depuis mai, l’Opep+ devait lever le pied progressivement sur les restrictions de la production pour remettre sur le marché 2,1 millions de barils par jour (bpj) de mai à juillet. Cette levée progressive des restrictions de la production de l’ensemble des pays de l’Opep+ a été décidée suite aux projections d’une demande mondiale dont la reprise ne semble tromper personne.
L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a prévu, à juste titre, jeudi, dans son dernier rapport mensuel, que «la demande de pétrole mondiale va continuer de se reprendre» et «d’ici la fin de 2022, la demande devrait surpasser les niveaux d’avant-Covid».
Après un déclin record de 8,6 millions de barils (mb/j) en 2020, la demande mondiale devrait rebondir de 5,4 mb/j cette année puis de 3,1 mb/j l’an prochain, pour s’établir à 99,5 mb/j en moyenne. Elle devrait être de 100,6 mb/j au quatrième trimestre de 2022, selon l’AIE. Le pic de la demande mondiale avait été atteint au quatrième trimestre de 2019, juste avant le déclenchement de la crise, à 100,5 mb/j.
Peu avant la publication du rapport de l’AIE, l’Opep tablait à son tour sur une accélération de la reprise de la demande pétrolière au cours de la deuxième partie de l’année en cours. «La reprise de la croissance économique mondiale, et donc de la demande pétrolière, devrait s’accélérer au deuxième semestre», note l’Opep dans son rapport mensuel pour mai. L’Organisation a confirmé ses prévisions pour cette année d’un rebond de 6 millions de barils par jour de la demande mondiale, qui devrait ainsi atteindre 96,58 millions de barils par jour. Seul bémol, les capacités de production inutilisées de l’Opep+ pourraient se révéler désastreuses sur l’évolution des prix si celles-ci venaient à être remises en service avant que la demande ne revienne à ses niveaux d’avant la pandémie.
L’AIE dit s’attendre à ce que la capacité inutilisée de l’alliance Opep+ augmente de 180 000 barils par jour (bpj) l’année prochaine pour atteindre 50,55 millions de bpj, en raison des hausses de la production des monarchies et pays du Golfe et du Moyen-Orient. <